VOYAGE
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roe, habitées par quelques tribus d’Esquimaux . Nousavions devant nous l’île Omenak, dont le cap Com-forl est extrêmement élevé. A huit heures, étant àl’entrée d’une passe formée par une chaîne d’ilots,nous mimes.en panne pour attendre un canot qui por-tait pavillon danois . C’étaient M. Moller, le résident,et son commis Kauffeld. Ce dernier savait heureuse-ment quelques mots de français dont il lirait parti avecbeaucoup d’intelligence. Inutile de dire que notre pre-mière question fut pour la Lilloise. Mais nous eûmesla douleur d’apprendre qu’on n’avait eu à Frederik-sliaab aucune nouvelle de ce bâtiment, dont on igno-rait même la perte. M. Moller croyait que si quelqueshommes de la Lilloise avaient pu atteindre la coteorientale du Groenland , ils auraient été recueillis parles Esquimaux hospitaliers répandus sur cette côte etconduits par eux à Fredrichsthal, près du cap Fare-vell, et résidence de deux missionnaires. M. Molier ajoutait qu’on en eût été promptement instruit à Fre-derikshaab.
Cependant nous donnions dans la passe, d’aprèsles conseils de ces messieurs. Le chenal n’avait quel-quefois, pour largeur, que la longueur de la corvette.Souvent il était tellement encombré par d’énormesglaces, poussées là par le vent et la marée, qu’il fal-lait ranger à toucher les îlots qui étaient heureuse-ment très-accorts. La Recherche , poussée par unefaible brise, entourée d'une multitude de kaiaks,tournant autour d’elle comme de petits requins au-tour de leur mère, traversait lentement cette espèce