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VOYAGES AÉRIENS.
couches d’air superposées, jusqu’aux limites de l’atmosphère, exer-cent une pression sur tous les corps placés à la surface de la terre.Si donc nous remplissons de mercure un tube recourbé ouvert à sesdeux extrémités et dont les deux branches soient parallèles, le mer-cure se tiendra au même niveau dans toutes les deux, puisquel’air pressera également sur leur surface; mais si l’une des bran-ches est fermée et l'appareil rempli de mercure, celui-ci se tiendraplus haut, dans la branche purgée d’air et fermée où il n’y auraque le poids du mercure; tandis que dans la seconde il y aura lepoids du mercure, puis celui de l’atmosphère, qui remplace icil’eau que nous avions versée sur le mercure, dans l’expérienceprécédente. Ainsi donc, la différence de niveau entre les deux co-lonnes nous indiquera le poids de l’atmosphère.
Si cette hypothèse est vraie, il en résulte, comme Pascal l’a faitremarquer le premier, que la colonne mercurielle doit être pluslongue au pied qu’au sommet d’une montagne, car alors toute lacolonne d’air qui se trouve au-dessous de l’observateur ne pèseplus sur la colonne mercurielle qui se trouve dans le tube ouvert.L’expérience confirme cette prévision : si on s’élève de 500 mètres,le mercure baisse de 5 centimètres; si on s’élève de 600 mètres,le mercure baisse de 6 centimètres; aussi peut-on employer lebaromètre pour mesurer la hauteur des montagnes. Deux observa-teurs se tiennent, l’un au sommet, l’autre au pied : ils observentsimultanément, et de la différence de longueur des colonnes mer-curielles on conclut la différence de niveau des deux stations.Avec un baromètre muni d’une échelle convenablement divisée,on remarque déjà des différences en s’élevant d’un étage à l’autredans une maison.
U Annuaire du Bureau des longitudes renferme, chaque année,des tables construites sur ce principe et d’après les formulesdonnées par Laplace , avec la marche et le type du calcul. Enayant soin pendant une traversée aérienne de noter la marched’un baromètre comparé et celle des deux thermomètres (l’unfixé à la monture du baromètre, l’autre suspendu à air libre), deprendre ensuite la hauteur du baromètre au départ et à l’arrivée,et autant que possible les indications que peuvent donner quel-ques villes échelonnées sur la route au moment où l’on passe à leurzénjth, on peut toujours facilement avoir la hauteur de l’aérostat.
On ajoute à cette détermination l’altitude du sol aux stations dedépart et d’arrivée, et l’on a ainsi la hauteur absolue de l’aérostatau-dessus du niveau de la mer, qui est celui inscrit ici.