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VOYAGES AERIENS.
chassés par le vent de cette maison d’osier inhospitalière. Voilàles rôles intervertis, nous accourons sauver nos sauveurs. Mal-gré cet incident, les assistants ne manquent pas d’enthousiasme, etsi l’on avait du gaz, on recruterait dix fois son équipage dans lafoule qui nous demande nos impressions aériennes.
Cet équipage-là ne jetterait certainement pas l’ancre en vue duport.
DEUXIEME ASCENSION.
Le Géant fut un mois environ à se remettre de son voyage. C’é-tait beaucoup d’hôpital pour peu de blessures. Pendant ce tempsParis se couvrit de nouveau d’immenses affiches apprenant auxpopulations étonnées une expérience merveilleuse. J’avais juré queMontlhéry ne serait pas mon étape dernière! Simonin était fidèleà son poste. Il ne ressemble pas à ce membre de l’Institut à quije demandai un jour de m’accompagner et qui me répondit :« Impossible, parce que je suis ingénieur des mines et que je nedois m’occuper que de ce qui se passe sous terre. » — Simoninest ingénieur des mines aussi, mais il n’est pas membre de l’In-stitut; il est tout simplement amateur des grands voyages et in-fatigable ami de la nature.
Le jour du gonflement, le Géant reste mélancoliquement assissur la conduite du gaz jusqu’à près de quatre heures; mais, àpartir de ce moment, il commence à donner quelques signes d’im-patience. On le gonfle autant qu’il est raisonnable de le faire, sansavoir à craindre qu’il ne crève de pléthore : ses vastes proportionsfont supposer que sa force ascensionnelle est plus que suffisantepour un voyage de long cours. La nacelle ne porte que six per-sonnes, et les savants qui restent à terre n’ont point confié cettefois aux aéronautes leur pesante glacière de cuivre. Quel sujetde sécurité, quel prétexte d’espérance !
Le ballon est zébré : de longues bandes de soie blanches, cou-sues avec du fil noir, le traversent de part en part et recouvrentles cicatrices de l’excursion de Lonjumeau. Ces balafres font co-quettement ressortir la teinte bistrée du vétéran, qui paraît pleind’ardeur. Veut-il profiter du vent qui pousse vers la Prusse, et selancer pour une nouvelle campagne de Hanovre ? Malgré la leçondernière, l’enthousiasme me gagne; je m’approche du vainqueurde Kœnigsgraetz qui assistait à notre départ, et je lui demande