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Voyages aériens par James Glaisher, Camille Flammarion, Wilfrid de Fonvielle et Gaston Tissandier : ouvrage contenant 117 gravures ... d'après les croquis d'Albert Tissandier / par Eugène Cicéri et Adrian Marie ...
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VOYAGES AERIENS.

chassés par le vent de cette maison dosier inhospitalière. Voilàles rôles intervertis, nous accourons sauver nos sauveurs. Mal-gré cet incident, les assistants ne manquent pas denthousiasme, etsi lon avait du gaz, on recruterait dix fois son équipage dans lafoule qui nous demande nos impressions aériennes.

Cet équipage- ne jetterait certainement pas lancre en vue duport.

DEUXIEME ASCENSION.

Le Géant fut un mois environ à se remettre de son voyage. Cé-tait beaucoup dhôpital pour peu de blessures. Pendant ce tempsParis se couvrit de nouveau dimmenses affiches apprenant auxpopulations étonnées une expérience merveilleuse. Javais juré queMontlhéry ne serait pas mon étape dernière! Simonin était fidèleà son poste. Il ne ressemble pas à ce membre de lInstitut à quije demandai un jour de maccompagner et qui me répondit :« Impossible, parce que je suis ingénieur des mines et que je nedois moccuper que de ce qui se passe sous terre. » Simoninest ingénieur des mines aussi, mais il nest pas membre de lIn-stitut; il est tout simplement amateur des grands voyages et in-fatigable ami de la nature.

Le jour du gonflement, le Géant reste mélancoliquement assissur la conduite du gaz jusquà près de quatre heures; mais, àpartir de ce moment, il commence à donner quelques signes dim-patience. On le gonfle autant quil est raisonnable de le faire, sansavoir à craindre quil ne crève de pléthore : ses vastes proportionsfont supposer que sa force ascensionnelle est plus que suffisantepour un voyage de long cours. La nacelle ne porte que six per-sonnes, et les savants qui restent à terre nont point confié cettefois aux aéronautes leur pesante glacière de cuivre. Quel sujetde sécurité, quel prétexte despérance !

Le ballon est zébré : de longues bandes de soie blanches, cou-sues avec du fil noir, le traversent de part en part et recouvrentles cicatrices de lexcursion de Lonjumeau. Ces balafres font co-quettement ressortir la teinte bistrée du vétéran, qui paraît pleindardeur. Veut-il profiter du vent qui pousse vers la Prusse, et selancer pour une nouvelle campagne de Hanovre ? Malgré la leçondernière, lenthousiasme me gagne; je mapproche du vainqueurde Kœnigsgraetz qui assistait à notre départ, et je lui demande