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Voyages aériens par James Glaisher, Camille Flammarion, Wilfrid de Fonvielle et Gaston Tissandier : ouvrage contenant 117 gravures ... d'après les croquis d'Albert Tissandier / par Eugène Cicéri et Adrian Marie ...
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VOYAGES AÉRIENS.

voyait comme moi l'impérial, il écumait ; si des regards il eût pumordre laérostat qui nous distançait, il lui aurait fait certaine-ment deffrayantes déchirures.

Paschal Grousset surveillait avec une attention soutenue un denos deux passagers payants qui pour mille francs avait eu lhon-neur de nous accompagner! Le savant rédacteur de Y Epoque sétaitmis en tête quun Marseillais qui pour mille francs avait achetélhonneur de nous accompagner avait la manie du suicide héroïque,quil voulait avoir lhonneur de se jeter du haut de cinquante co-lonnes Vendôme .

Sans doute Paschal Grousset avait lu dans les mémoires deRobertson lhistoire de ce fou qui voulait se précipiter dune hau-teur de deux mille mètres et qui, tirant de sa poche un couteauhomérique, allait séparer le filet de la nacelle. Mais à bord dunaérostat comme le Géant le délestage de 70 kilos de poids, à peuprès ce que pèse en moyenne un être humain, ne produiraitquune différence de niveau de 7 à 800 mètres. Au contraire,un homme de moins dans un petit ballon peut causer des acci-dents les plus graves. Quand Green lâcha Coking, inventeur dunparachute retourné, il faillit se trouver aussi mal que son impru-dent ami. Quoiquil jouât de la soupape, il pénétra dans la régionglacée d Zambeccari gelé trouva la perte de ses doigts glacés.

Le Marseillais, qui me fit plus tard ses confidences, ne pensaitpoint à se suicider. Il songeait à son argent et ressemblait aufameux monsieur qui s'amuse à s'ennuyer à mort au bal de lOpéra.Il se disait à part lui : « En aurai-je bien pour mes mille francs ? Use-rai-je les quarante-huit heures que ma promises ladministration ! »Puis changeant didée avec une mobilité tout aérienne : « Qui saitsi le voyage ne sera pas trop long ! Pourvu quon me fasse bonnemesure. » Lhistoire du Marseillais est du reste des plus instructives.Il avait été pris dun enthousiasme irrésistible dont lhistoire delaéronautique offre tant dexemples, et dont mon ami Tissandieret moi nous sentons depuis longtemps les atteintes. Notre Mar-seillais était entré modestement aux places à un franc, lonvoyait un peu moins bien que sur les quais en dehors de touteespèce denceinte payante. Pour corriger son erreur, il sétaitposté aux places assises à quarante sous, et il avait commencé aentrevoir les mouvements coquets de laérostat. Ce curieux spec-tacle avait décidé de son passage aux places à cinq francs; deil navait fait quun bond aux places à vingt francs, pensant biensarrêter à cette nouvelle étape. On faisait avec l'impérial des