EXPERIMENTALE. 237
entre les pavés , ils y trouvent plus de hauteur à surmonter ,en relevant le fardeau sur le milieu du pavé, d'où ils gliílentencore quelquefois , ou d un côté ou d’un autre, ce qui arronditles bandes ôc les rend plus glissantes entre les pavés Ôc dans lesornières que font les ruisseaux au milieu des'rues; ce qui lait queles bandes étroites font plutôt rondes , s usent davantage , &qu’étant rondes elles fatiguent les chevaux presque comme s’il yavoir des clous.
COROLLAIRE X X V l L
Cela frit assez connoitre qu’il y a de l'avantage pour lesroues larges de bandes fur le pavé comme fur terre, ainíi qu’il aparu par l’expérience des grandes roues étroites fur le pavé, &qu’eu égard à cette peine que les chevaux ont de retirer les rouésquand elles font dans l’orniere ou le ruisseau des rues ; eu égard audommage que l'on fait au pavé dans cet endroit & à la perte quel’on fait des bandes des roués qui s’y usent considérablement ôc quis’arrondissent ; il paroît qu’il y auroit moins d’inconvénient defaire cette orniere en forme d’auge ; c’est-à-dire un peu pluslarge ôc plus étendué, comme JE ( Figure 14. Planche 17.)au lieu de LM ( Figure I 5. ) qui est la maniéré dont les ruisseauxfont ordinairement dans les rués.
COROLLAIRE XXVI I L
Cette forme donneroit plusieurs avantages , les bandes desroués s’arrondiroient bien moins & ne caíferoient pas tant le pavé ;le ruisseau dureroit plus long-te ms, parce qu’il ne recevroit pasde lì gros coups ; chaque pavé fupporteroit presqu’aussi égalementl’essort qu’il le supporte vers les maisons, au lieu que la rouéétant élevée fur les deux pavés qui croisent, il y en a toujours unplus bas qui supporte le tout coup íèul, ôc qui enfonce de plus enplus, ou qui fe rompt ; de-là vient que les pavés manquent plutôt ;U arrive encore que le pavé étant nouvellement rétabli, l’eau restefur le pavé du milieu qui est déja plus enfoncé, elle y ìéjournelorfqu’il pleut, il y en a toujours pendant l’été ; de forte que lespetites roués ou les pieds des chevaux tombant dedans, écla-boussent les passans , au lieu que l’eau couleroit dans les ruisseauxS’ils étoient en sonne d’auge, comme elle coule fur le reste du pavé j
Leçon IV*
Planche 14.Figure 17.