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[Première année.]
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MAISON DITE D’AGNÈS SOREL

15, Rue du Tabourg, a ORLÉANS (Loiret )

Malgré le nom que lui donne la légende populaire, cel intéressant édifice ne peut enaucune façon remonter à l’époque ou vivait la charmante amie de Charles VII , née en 1409,à Fromenteau en Touraine et morte en 1450, au château du Mesnil. Cependant, il estpermis de supposer qu après la mort d’Agnès Sorel sa famille fit restaurer, embellir etmême reconstruire la maison dans laquelle avait sans doute vécu et grandi la Telle Agnès,la Dame de Teauté, la protectrice de Jeanne d’Arc .

En effet, la partie la plus ancienne du monument, la maison proprement dite, fut certai-nement construite pendant les dernières années du règne de Louis XII , tandis que lapartie la plus récente, la Galerie sur cour, porte les marques indiscutables de l’architectureen faveur sous le règne de François I tr ; aussi, cet édifice est-il extrêmement curieux àétudier précisément à cause des deux époques de la renaissance française qu’on y trouve trèsdistinctes quoique très rapprochées : le Louis XII , conservant encore quelques traces du Go-thique, et le François F r , entièrement inspiré de la renaissance rapportée récemment d’Italie .En outre, en examinant de plus près les ravissants ornements de ces deux époques on yreconnaît le système de sculpture qui prévalut sur les bords de la Loire, pendant le XVLsiècle : la feuille d’Acanthe mélangée àtous les rinceaux, au lieu de se termineren pointe, comme à Toulouse, à Limoges et à Chartres , arrondit sa silhouette à sonextrémité après avoir décrit une courberentrante très gracieuse laissant bien valoirles parties importantes de la feuille.

On peut encore remarquer que pendant les premières années de la Renaissance, jusqu’àl’avènement de Henri II , l’œil de la feuille d’acanthe est presqu’invisible et que la compo-sition des ornements sculptés est obtenue, dans les modèles, au moyen de boulettes de terreglaise appliquées sur la surface à décorer, écrasées au pouce, festonnées sur les bords et reliéesentre elles par des tiges très délicates.

Ce précieux édifice est , depuis peu de temps, la propriété de la ville; espérons que dessoins intelligents réussiront à en arrêter la ruine; les artistes Orléanais commençaient àêtre inquiets sur son sort; en prévision d’une catastrophe, un intelligent sculpteur, M. D.FOURNIER, a soigneusement moulé les panneaux des plafonds du premier et du deuxièmeétage de la galerie sur cour et c’est grâce à ses obligeantes communications que nous avonspu reproduire quelques uns de ces admirables motifs.