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Cet édifice, dont la fondation ■ remonte à la fin du xu e siècle, a conservé de cette époquequelques portions seulement du transept et quelques bases des piliers de la nef; toutes les autresparties de l’Eglise datent de la fin du xve et de la première moitié du xvp siècle.
Les piliers de la grande nef, à nervures autrefois prismatiques, ont été fortement endom-magés pendant la Révolution et malencontreusement restaurés quelques temps après, mais lechœur en hémicycle ainsi que les chapelles qui l’entourent, la façade principale, les façadeslatérales et les absides ont bien conservé le caractère de cette époque de transition. Toutes lesqualités et tous les défauts de la décadence du Gothique s’y trouvent réunis et permettent defaire une étude très complète du style appelé Ogival tertiaire ou Flamboyant. En examinantla façade principale, on reconnaît que les réseaux dont se composent la rose, les ornements desbalustrades et surtout les écoinçons du portail affectent de prendre l’aspect de flammes on-doyantes, tant les meneaux et les nervures en sont contournés. De là le nom de Flamboyantdonné à ce style.
Le portail, flanqué de deux élégantes tourelles, est formé d’un arc ogival très pur; ontrouve plus ordinairement au XV e - et au xn* siècles des ogives surbaissées et des arcsen accolade.
A l’intérieur, nous remarquons Vabsence complète du chapiteau. C’est vers la fin duxtv» siècle que cet élément architectural commence à diminuer d’importance : le tailloirs’amoindrit petit à petit et finit par devenir aussi mince que l’astragale, en sorte que lechapiteau n’est plus qu’une espèce de bague ornée entre deux filets. Il diminue encore et finitpar disparaître complètement vers le milieu du xv* siècle, pour ne plus reparaître qu’à laRenaissance. Les moulures prismatiques de l’arcade ne reposent plus sur aucun point d’appuitantôt elles viennent mollement expirer sur le pilier même, formant quelquefois, il est vrai, despénétrations assesçintéressantes, tantôt ces moulures les plus saillantes descendent jusqu’au basdu pilier; elles sont bien arrêtées par de petites bases placées à différentes hauteurs cm dessusdu socle, mais elles ne sont interrompues par aucun chapiteau. Le constructeur poussant lerationalisme jusqu’à l’exagération, supprime cet organe essentiel parce qu’il le trouve inutile ;il a complètement oublié le rôle d’encorbellement que le chapiteau a joué jusqu’à ce jour, i lvise plus au tour de force qu’à l’emploi intelligent et raisonné des matériaux qu’il a à sa dis-position. Coûte que coûte, il veut faire du nouveau : ce coupable orgueil a tué l’architectureOgivale et FRANÇAISE par excellence.
On peut remarquer en outre, à l’intérieur de cette église, que les nervures des voûtes sontmultipliées à l’excès, elles se combinent en dessins compliqués qui rappellent encore la formeflamboyante.
La rencontre de ces nervures est dissimulée par des Clefs ou des Queues-de-voîltes.
On reconnaît enfin le style ogival tertiaire ou flamboyant à l’abondance des ornementset à la finesse des sculptures qui, malgré une exécution très brillante , très adroite et parfoisd’une délicatesse inouïe, ne peuvent parvenir à faire oublier les décorations plus simples maissi pûres des xm » et xm siècles.