ÉGLISE DE S T ~LEU~D’ESSERENT
Le Comte Hugues de Dammartin, seigneur d’Esserent, fait prisonnier dans un pèlerinageen Palestine, ayant eu sa rançon payée par les Bénédictins de Saint-Michel, construisit entémoignage de reconnaissance, une église et un couvent dans le château qu’il possédait au bordde l’Oise et y établit des moines de Cluny. Il ne reste du couvent qu’un cloître en ruine.Quant à l’église, commencée pendant les premières années du XII e siècle, elle fut élevée surremplacement d’une chapelle remontant aux premières années du XI e siècle; on en découvritles fondations, il y a quelques temps, en exécutant des travaux d’entretien. Deux piles, sur-montées de naïfs chapiteaux, ayant appartenu à cette chapelle sont encore adossées au porche, àl’intérieur de la Grande-Nef. (R.R. de notre plan du reryde-Chaussée).
Ce remarquable édifice ne fut pas construit d’un seul jet. Toute la façade principale avecses deux tours et la flèche, remonte à la première moitié du XII e siècle ; l’abside et les deuxtours au dessus du chœur sont de la fin du XII e ; la nef est du commencement du XIII e ; lecouvent, sa parte et son cloître dataient du XIII e siècle.
De nombreuses traces d’incendies sont visibles dans ce monument. Le Narthex eut particu-lièrement à souffrir de la Jacquerie; il fut consolidé au XV e siècle par des piliers en maçonnerie.
A remarquer dans l’unique clocher de la façade principale restée machevée, la curieusedisposition des arêtiers détachés de la flèche, qui présentent l’aspect de colonnettes inclinéesreliées à l’édifice par trois bagues, une à la base, l’autre dans le milieu du fût, et la troisièmeà la place du chapiteau.
L’abside est, sans contredit, la partie la plus intéressante de l’église Saint-Leu-d’Esserent;elle fut construite vers la fin du XII e siècle, époque de transition entre le roman et le gothique.
Les constructeurs faisaient alors assaut de hardiesse et même de témérité. Ici, tout le poidsdujshevet semble reposer sur les quatre petites colonnes du sanctuaire, mais elles ont, en réalité,été soulagées au moyen d’une ingénieuse combinaison : les contreforts extérieurs poussent toutela charge du dehors au dedans, mais le plan circulaire de l’abside offre une telle résistance,que les lourds matériaux qui devraient écraser les colonnes et leurs admirables chapiteaux, sontpour ainsi dire maintenus en l’air par les forces opposées de ces deux poussées. Malgré sahardiesse, cette combinaison a parfaitement réussi et, jusqu’à ce jour, aucun mouvement inquié-tant ne s’est manifesté dans le chevet.
Il faut dire aussi que tout ce travail a été étudié et exécuté avec un soin extrême. Les cha-piteaux des quatre colonnes du sanctuaire sont des chefs-d’œuvre ; celui de la colonne monolitheAA’ est particulièrement admirable, au double point de vue du goût et de la résistance.
Le Triforium, ainsi que l’indiquent les coupes de la page 8j, a peu de profondeur, maisil a été traité dans le mime esprit que ceux des grandes cathédrales (page ÿ(). Le projet de res-tauration de M. SELMERSHEIM, en rétablissant le système des dalles en pierre pour latoiture de ce triforium, dégagera sur le côté sud, les petites ouvertures intérieures qui doiventl’éclairer.