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[Première année.]
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TEMPLE DE LA VICTOIRE APTÈRE

SUR L’AGROPOLE A ATHÈNES

En pénétrant dans l’Acropole , on aperçoit à droite, sur une terrasse placée en avant desPropylées, un petit temple amphiprostyle (*), composé d’une Cella fermée de trois côtés et dedeux portiques à quatre colonnes d’ordre ionique. Ce temple dédié à Nïkè Apteros (la Victoiresans ailes), est entièrement construit en marbre pentélique. L’éminence sur laquelle il repose,est un des points les plus intéressants de l’Acropole.; du seuil de l’édifice, on aperçoit le Pirée et on domine la mer. Le monument, qui se présente obliquement par rapport à la façade desPropylées, est ouvert du côté de l’Orient; ses proportions sont un peu moins élancées que cellesdes autres • ouvrages du même ordre, mais on sait que les Grecs, très soucieux de l’effet quel’œuvre devait produire en place, ne suivaient pas scrupuleusement les formules et les règles deleur architecture. Une colonne avec son chapiteau et sa base mesure environ quatre mètres dehauteur. Le fût de chaque colonne est pris dans un seul morceau de marbre. Les chapiteauxioniques, beaucoup plus simples que ceux des Propylées, sont néanmoins des chefs-d’œuvres degrâce et d’élégance.

Ce charmant édifice a beaucoup souffert; la couverture de la Cella a complètement dis-paru, mais les plafonds recouvrant les portiques sont assetç_ bien conservés. Quelques fragments,recueillis sur le sol, ont permis de rétablir les proportions du fronton. Une frise admirable-ment sculptée faisait autrefois le tour du monument; il n’en reste aujourd’hui que quelquesportions sur la façade orientale. Les autres parties de ces sculptures ont été ramassées à terre,dans un triste état, et pour la plupart transportées au Musée britannique de Londres . Il estbien difficile, sinon impossible, de distinguer les sujets que représentaient ces frises, mais onvoit sans peine quelles sont l’œuvre d’un maître : on croit même reconnaître la main de l’artistequi exécuta vers la même époque, les frises du temple de Thésà.

La Cella, fermée par des grilles en bronze, servait d’abri à une statue en bois de la Victoiresans ailes; cette statue, plus ancienne que le temple, était attribuée au sculpteur Calamis ,contemporain de Phidias. En supprimant les ailes de la Victoire, les Athéniens donnaient àentendre que, ne pouvant plus s’envoler, cette déesse resterait éternellement parmi eux.

On ne connaît pas exactement la date de laconstruction de ce petit sanctuaire, mais, ainsiquele temple de Thésée , il fut, selon toute probabilité,élevé par Cimon, fils de Miltiade , pendant lapremière moitié du V e siècle avant notre ère, pourperpétuer le souvenir des victoires remportées surles Perses par ce général.

Lorsque Périclès construisit les Propylées etle Parthénon , le temple de la Victoire était déjàen place depuis plusieurs années, car Plutarque n’en dit pas un mot lorsqu’il fait la longue nomen-clature des œuvres de Périclès, , et on voit parfaite-ment en examinant le plan des Propylées que l’ar-chitecte Q) fut très gêné par l’obligation ou il setrouva de respecter ce petit édifice. On a encoredécouvert dans les ruines qui entourent le monument, les frag-ments d’une balustrade forméed’une série de sculptures en bas-relief. Cet intéressant travail 'est moins ancien que le temple;il paraît avoir été exécuté quelques temps après la mort de Périclès .

(1) Amphiprostyle désigne un temple à deux portiques; le temple Prostyle n’a qu’un seul portique. Le templePériptère est entouré de colonnes de tous les cotés.

(2) L’architecte des Propylées est Mnésiclés. Ictinos est l’architecte du Parthénon .

A .Troflglée .!.

.B. 7é77iplc de, /a Victoire d/rféie