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[Première année.]
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HOTEL DE VILLE DE S T ~QUENTIN

(Aisne )

Situé dans l’axe de la plus grande place de la cité, ce remarquable édifice fut commencéen 1331, mais la façade principale ne fut terminée qu’en 130p. Cette façade, très mouve-mentée et conçue dans le style gothique flamand (ogival flamboyant), est couverte de finessculptures ornementales et de motifs épisodiques, pleins de verve et d’originalité.

On remarque, dans la grande salle du Conseil, une charpente sans entraits, datant ducommencement du XVI e siècle et rappelant un peu le travail des charpentiers anglais duXIV e et du XV e siècles. La pointe de chacun des Hochets soutenant les arbalétriers est ornée defigures grotesques, représentant sans doute des personnages de l’époque.

On admire encore, dans cette salle, une cheminée monumentale dont l’histoire est asse\curieuse : Lorsque les habitants de Sl-Quentin apprirent que François I er s’arrêterait dans leurville, en accompagnant Charles Quint qui traversait la France pour aller à Gand , ils nefurent pas sans inquiétude à la pensée que l’édifice municipal qu’ils venaient de construire etdont ils se montraient très fiers, ne portait nulle trace de la nouvelle architecture dont ce mo-narque avait rapporté les principes d’Italie . Ils s’empressèrent donc de combler cette lacune, enterminant la décoration de la grande cheminée de la salle du Conseil, dans le style de la renais-sance française . Pour plaire au souverain, ils l’ornèrent d’une profusion de fleurs de lis et desalamandres et s’inspirèrent des règles appliquées dans les différents édifices construits par sesordres. C’est pourquoi nous trouvons aujourd’hui, dans l’ornementation de cette magnifiquecheminée, deux styles bien différents : la base qui est gothique et le manteau qui est du plus purstyle François I ".

En 183 j, une réparation de cette cheminée étant, devenue indispensable, on eut la malen-contreuse idée de chercher à lui rendre l’homogénéité que cet événement lui avait fait perdre. Aulieu de restaurer les statuettes brisées et de rétablir les fleurs de lis et les attributs de la royautédétruits sans doute pendant la Révolution, ou supprima tous les ornements capables de rappelerl’époque de François 1 ". On les remplaça par une énorme accolade gothique, plaquée sur lesdalles du manteau de la cheminée. Dans le dessin que nous donnons page 114, on aperçoit lestraces de cette restauration, mélangées à celles que laissèrent les ornements et les profils de làrenaissance.

L’effet produit par ce travail fut déplorable, aussi, pendant ces dernières années, M. Delmasarchitecte de la ville, entreprit-il de rendre à cette cheminée sa physionomie primitive. Il com-mença par faire disparaître tous les ornements flamboyants, puis, examinant attentivement la:pierre mise à nu, il retrouva les traces des statuettes qui reposaient sur chacun des culs-de-lampe restés en pénétration dans la moulure du premier bandeau, il reconnut qu’un secondbandeau semblable au premier entourait la cheminée à la hauteur de la tête des statuettes et n’eutpas de peine à découvrir ta situation de chacune des fleurs de lis posées en quinconce, dans lagrande frise située sous la corniche, supérieure. A l’aide de ces observations, cet intelligent archi-tecte a établi une maquette que nous reproduisons page 113.

Le campanile fut construit au XVIII e siècle; il fut restauré en 1833, et recouvert d’une,ornemental ion métallique destinée à mettre son style en harmonie avec celui de la façade principale.