A 12 kilomètres environ de Reims, sur la rouie de Réthel , on aperçoit, dominant uneplaine assetç monotone, le village de Lavannes, bâti en amphithéâtre sur un petit mamelon, àl’extrémité d’anciens remparts qui existaient encore en 1838. De tous les points de l’horigon seprofile sur le ciel la charmante silhouette de son église, dont la fondation remonte aux dernièresannées du XII e siècle et qui ne fut terminée qu’au XIII e . On y reconnaît, donc deux styles biendistincts : le roman, auquel appartient le premier clocher au-dessus de. l’entrée, et le gothique,qui règne dans tout le reste du monument, à l’intérieur comme à l’extérieur; quelques motifsayant encore, les allures romanes, apparaissent bien à travers les chapiteaux gothiques despiles du transept, mais ils furent certainement exécutés, en même temps que les autres, pa rdes artistes âgés ou réfractaires aux principes de l’art nouveau.
Cette église fut construite par les archevêques de Reims , car Lavannes était le chef-lieud’un doyenné d’une certaine importance; il n’est donc pas surprenant, que les moulures etles sculptures rappellent, en différents endroits, celles qui remontent à la même époque dansla cathédrale de Reims . Elle paraît aussi avoir appartenu à un couvent, mais à ce sujet lesrenseignements font absolument défaut; cependant une tradition du pays affirme que l’églisedépendait, il y a fort longtemps, d’un couvent d’hommes. En examinant la disposition et laparfaite régularité du plan on se demande par quel côté elle aurait été rattachée à un autreédifice; à ce propos, il est bon de rappeler que deux chapelles, au droit de l’abside, du côté dutransept, furent bouchées en 18yj.
L’église de Lavannes eût à sabir plusieurs réparations, une entre autres, en 17JO, aucours de laquelle on dût refaire un pilier de la tour, un arc doubleau, le pignon d’une deschapelles et un arc-boutant d’angle, etc. En rj6p, sans doute pour réparer la charpente dubeffroi, ou transporta les cloches dans le clocher roman au dessus de l’entrée; mais elles reprirentleur place, dans le clocher gothique, aussitôt que ces travaux furent terminés.
D’autres restaurations eurent lieu à des époques beaucoup plus récentes ; heureusement ellesfurent dirigées par des hommes prudents; mais il est temps, croyons-nous, que la Commissiondes monuments historiques, prenant ce charmant édifice sous safirotection immédiate, lui évitele danger possible de tomber dans les mains de restaurateurs inhabiles qui en détruiraientcomplètement l’unité et le caractère.
Nous devons au talent et à l’obligeance d’un jeune architecte de Reims , M. PaulBOUCLIETTE, qui a bien voulu nous communiquer ses croquis et même ses dessins rendus,la plupart des renseignements et des vues géométrales qui composent la monographie de cetteéglise.
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