TEMPLE D’AUGUSTE ET DE LIVIE
Ce pt'lil temple est un des édifices les mieux conservés de la Gaule romaine. Il fut élevé sousle règne de Tibère en l’honneur d’Auguste et de sou épouse IJvie; l’inscription du frontispice,reconstituée par Schneyder, ne laisse aucun doute à cet égard; elle se traduit ainsi « Du consente-ment du Sénat . Ait divin Auguste , très-bon. très-grand, et à la divine Augusta. » C’est encomparant les trous des scellements des lettres avec les empreintes que cette inscription a été réta-blie. Le même procédé avait été employé, quelque temps avant, par Séguier, pour le temple deNîmes .
Cet édifice servait aussi de Prétoire . Suétone raconte qu'un coq se précipita sur la tète deVitellius au moment où, assis dans ce temple, « il v rendait la justice ». L’événement futconsidéré comme un présage de sa chute qui eut lieu, en effet, quelque temps après.
La longueur du temple est de 2 J mètres, sa hauteur de rj“'j 6 , sa largeur de i j mètres. Sonplan tient, à la fois, du Proslxle et du Périplère, puisqu’il a un péristyle extérieur et un seulportique. (Voir la note i, page ioo).
Les proportions du monument sont très-agréables, mais l’exécution est des plus défectueuses.L’appareil est irrégulier, les joints tombent rarement d’une manière correcte et les modillons ainsique les caissons ou compartiments des façades dépassent trop souvent !'alignement. On voit bienque l’édifice a été conçu par un excellent architecte, mais il a été certainement exécuté par unartiste ayant travaillé son édifice sur place, absolument comme l’aurait fait un sculpteur pourune statue. Malgré ses inconvénients, ce procédé a donné à l’œuvre une animation et un senti-ment qu’elle n’aurait probablement pas, si le constructeur avait eu souci de la correction et dela régularité.
Les intercolonnes sont presque tous inégaux: ceux des façades latérales sont plus larges queceux du portique. Chose curieuse, dans ce portique, P intercolonne du milieu, celui qui se trouvedans l’axe de la porte de la Cella, est plus étroit que les quatre autres.
Une autre irrégularité, moins inexplicable cependant, c’est que les colonnes du portiqueainsi que celles du commencement des retours ont des plinthes sous les bases, tandis que les autresen ont été privées, sans doute afin de laisser plus de place à la circula lion, autour de la Cella.
Malgré la faiblesse du larmier de la roi niche, l’entablement est d’une proportion fort har-monieuse; l’architrave est composée d’uite cymaise, et de trois plates-bandes inclinées.
Le fronton présente aussi une disposition irrégulière qu’on ne rencontre guère qu’aux imagesde temple gravées sur les médailles : le raccord de la partie rampante du fronton avec la cornichehoriyojitale ne se fait pas par la plate-bande du larmier mais par le neg carré de la mouluresupérieuredela corniche, (Foirfig. b, page 202 etfig. b, page 20 y). L’énorme cymaise qu’on aperçoit,dans la vue perspective d’ensemble, au-dessus de la corniche et du fronton, a été posée au moyen-âge, vers le IX" siècle, au moment où l’on renversa les mars de la Cella pour transformer letemple en église et où Ton boucha les inlercohmnes par des maçonneries pour clore la nef. Danssou intéressant projet de restauration, M.Jean BUIS, à l’obligeance du quel nous devons plusieursdes dessins publiés ici, a rétabli cette cymaise, eu cherchant à lui rendre les proportions qu’elleaurait du avoir, suivant les règles de T architecture romaine, (fig. A, page 202).
La couverture est entièrement moderne; elle a été refaite par COtSSTANT-DULEUX,vers i 86 j, ainsi que la charpente apparente et les murs de la Cella.
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