l.V*.W«A / - , * v
jx n _/Vl!./\
'W j./'V
••.'•' <1 ^ 'V-îx
Plan
au
CLOÎTRE
d^ELNE
£c H ELLE ne
0. 003 P'LVJ 7
La cathédrale d’Elne, actuellement église Sainte-Eulalie, remonte au XI me siècle, mais la construction ducélèbre cloître ne date que de l’année ii$6 , époque à laquelle cette ville obtint le droit de s’entourer de muraillespour se défendre contre les attaques des cités voisines.
Fondée autrefois par des peuplades ibériennes, la ville d’Elne était très puissante et se nommait Illiberislorsqu Annibal, débarquant pour la première fois sur le sol de la Gaule , vint installer sa formidable armée surson territoire; il y conclut, avec ses habitants, un traité d’alliance qui lui permit de traverser le sud de la Gaule pour aller combattre les Romains au delà des Alpes .
Devenue romaine, elle perdit peu à peu son importance à mesure qu’augmentait la puissance de la colonieromaine de Ruscino qui laissa son nom au pays roussillonnais.
Cependant, au IV me siècle, l’empereur Constantin , établissant un évêché dans Illiberis, lui enleva son nomprimitif et lui donna celui de sa propre mère Hélèna. La ville porta donc, dès cette époque, le nom de “ CastrumHélènœ ” ou Hélèna dont on a fait “ Elna ” puis Elne.
Au V me siècle, les Vandales et les Wisigoths s’emparent du Roussillon et, contrairement aux agissements dela domination romaine, accordent toutes leurs faveurs à Hélèna et l’élèvent au rang de cité, au détriment deRuscino, qui perd graduellement son importance et finit si bien par disparaître que c’est à peine si, à l’heure actuelle,on distingue près de Perpignan quelques vestiges de maçonnerie indiquant vaguement la place où se trouvait autrefoisle chef-lieu de la superbe colonie romaine.
Hélèna eut ensuite plusieurs fois à se défendre contre les Maures , ainsi qu’à repousser les incursions desNormands.
Pendant le XI’ ne et le XII me siècles, la ville jouit d’une prospérité relative, mais, en 1285, elle fut détruite defond en comble par les troupes de Philippe-le-Hardi . En 1344, elle commençait à se relever de ses désastreslorsqu’elle fut assiégée par Pierre d’Aragon, entre les mains duquel elle tomba.
Enfin, les Français , sous Louis XI , lui firent subir un long siège qui lui fut fatal et dont elle ne parvintjamais à se relever. A l’heure présente, c’est une petite ville d’un peu plus de 3000 habitants qui n’a conservé dupassé que son église, son magnifique cloître et quelques fragments de muraille.
L’ancienne cathédrale, devenue église paroissiale, a été commencée en l’an 1034. C’est une basilique composéede trois nefs à sept travées, terminée par trois absides entourées, extérieurement, par les fondations d’un chœurbeaucoup plus important resté inachevé.
Le cloître capitulaire date du XII me siècle. Il s’appmie sur l’un des côtés de l’église. Malgré les importantesrestaurations qu’il eut à subir au XIV me et au XV me siècles, c’est encore un des plus beaux ouvrages d’architectureromane du midi de la France, Un asseç grand nombre de chapiteaux ont été refaits pendant ces restaurations, maisils se distinguent très facilement des anciens, bien que leurs tailloirs romans aient été conservés à peu près partout.
Les murailles de ce cloître sont couvertes d’intéressantes inscriptions qui déplorent presque toutes la ruine d’Elnejadis si florissante et rappellent les fastes de son ancienne splendeur.
■ 13 // ■