() PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.
son esprit solide et brillant à la fois assura son empire sur le cœur du roi, et le renditdurable. Sensible aux beautés des arts et au mérite des lettres, elle les protégea, et méritale titre de Mécène des beaux esprits, et aussi l’éloge qu’on lui fait d’être la plus belle dessavantes et la plus savante des belles. Afin de donner un rang à sa maîtresse, le roi luifit épouser Jean de Brosse , dont le père avait suivi le parti du duc de Bourbon. En faveurde-ce mariage, François I er fît rendre à Jean de Brosse les biens de sa maison qui étaientconfisqués, le fit chevalier de l’ordre, gouverneur de Bretagne , et lui donna le duchéd’Étampes . Aimée d’un puissant roi, dépositaire de toutes les grâces, la duchesse seservit de son crédit pour enrichir sa famille. Les trois frères obtinrent des évêchés, deuxdes sœurs de riches abbayes, et les autres s’allièrent aux plus grandes maisons duroyaume.
Ces différents détails peuvent se résumer en ces mots : crédit continuel de la duchesseet domination de la plus savante des belles sur un prince amoureux à la fois de beautéet de bel esprit. Yoilà les documents de l’histoire ; voyons ensuite à consulter lestitres.
M. Y ergnaud Romagnesi, un des écrivains qui se sont le plus occupés de la villed’Orléans , et lui ont consacré des travaux savants et sagaces, M. Yergnaud Romagnesi,disons-nous, assure dans son Histoire d’Orléans avoir eu ces titres entre les mains. Nousreproduirons d’autant plus volontiers ce qu’il en dit, qu’il ne s’y trouve rien de contraireaux probabilités historiques et à l’état actuel des lieux. Yoici ses paroles :
« L’emplacement jadis occupé par les fossés et les murs de la seconde enceinte faisait» partie du domaine royal. En 1492, le dauphin, depuis Louis XII , aurait donné à Hugues» Bergereau. son escuyer de cuisine, trente toises de ce terrain en longueur, à partir de» la tour André. En 1495, Pierre Bergereau aurait recédé une partie de ce terrain à» Jean M.ynier, maistre des ouvraiges pour la maçonnerie du roy à Orléans . En 1536,» 'Guillaume Toutain, valet de chambre du Dauphin, en serait devenu possesseur. C’est
Jacques Androuet du Cerceau , 38 planches, avec dédicace au roi (Paris , 1582). — 13° Livre des édifices antiques romains ,63 planches, avec dédicace au duc de Nemours (Paris , 1584.)
Du Cerceau était fort âgé lorsque parut le dernier volume que nous venons de citer ; il est à supposer qu’il ne survécutpas longtemps après. Il professait la religion réformée, et l’on suppose que craignant les persécutions en France , il allafinir ses jours à Annecy, ou plutôt à Genève , ville que ses convictions religieuses devaient lui rendre particulièrementsympathique.
Baptiste Androuet, le ^^iîné de du Cerceau, devint architecte particulier de Henri III . Vers la fin de 1578, il eut l’hon-neur de remplacer au Louvre Pierre Lescot, décédé récemment, et peu après il eut à édifier le Pont-Neuf à Paris . Surune pièce de 1586, pièce extrêmement intéressante, Baptiste est énoncé « noble homme Baptiste Androuet , sieur du» Cerceau, conseiller du Boy, son architecte ordinaire, et commis par Sa Majesté pour ordonner de tous les ouvrages,» les bastimens et édifices de Sa Majesté et despence qui y convient faire ». Il professait comme son père la religion réformée.L’Estoile rapporte que les catholiques exaltés reprochaient au roi de le garder prés de lui, et le forcèrent à prendre congéde son maître. Il mourut, selon toute probabilité, vers 1602, après avoir été aussi architecte du roi Henri IV .
Les du Cerceau semblent avoir eu pour mission spéciale d’être architectes de nos rois, car nous voyons Jean Androuet ^fils de Baptiste, le dernier membre célèbre de la famille, devenir (septembre 1617) architecte de Louis XIII , en rempla-cement d’Antoine Mestivier. Jean du Cerceau entreprit en 1639 la reconstruction dupont au Change, en compagnie deDenis Laud et de Mathurin Ry. C’est à ce dernier des Androuet qu’il faut aussi attribuer à Paris la construction d’un cer-tain nombre d’édifices importants ; notamment les hôtels de Sully, de Bretonvilliers et de Bellegarde.
Ici s’arrête la dynastie artistique dont Jacques Androuet , le graveur, fut le chef illustre. Mais il faut ajouter qu’il estimpossible de méconnaître la grande influence de ces quatre artistes sur l’architecture française des xvi e et xvn e siècles :quiconque étudiera comme nous le faisons cette période intéressante de notre art national sera frappé de ce fait.