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Tome troisième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE. 29

lieuse de Duprat, sa poursuite assidue de la richesse et des honneurs, surtout quand on saitque cet archevêque, qui résidait souvent à une courte distance de sa ville épiscopale, n’entrajamais dans l’église dont il était titulaire, on est porté à chercher d’autres motifs. Quoiqu’il en soit, au moment où la bataille de Marignan donna à François I er la prépondéranceen Italie et lui permit de traiter avec le pape en vainqueur, Duprat fit un de ces actes àdouble face qui eurent la plus grande influence et sur la destinée du pays et sur la sienne.Il s’ouvrit du même coup un chemin assuré aux dignités ecclésiastiques, et il augmentadans de très-grandes proportions l'influence de son souverain.

En 1515, à l’avénement du duc d’Angoulême , Duprat fut nommé chancelier. Il devaitla faveur dont il jouissait à la protection de Louise de Savoie aussi bien qu’à son estime.Il avait encore heurté à point en se dévouant à ses intérêts dès le règne de Louis XII , et ilne cessa de s’y dévouer jusqu’au moment où elle mourut. On connaît l’empire de cetteprincesse sur le roi son fils, empire fatal à la France , à cause de ses passions vindicatives.C’est à elle qu’il faut attribuer les revers de Lautrec en Italie . Pour se venger du créditdont jouissait la comtesse de Chateaubriand, sœur de ce dernier, elle prépara des reversau général français, en arrêtant la solde envoyée à ses troupes : les soldats suisses , nonpayés, abandonnèrent nos drapeaux ; et le Milanais fut perdu. C’est à elle aussi qu’est duela trahison du connétable de Bourbon : un amour dédaigné fît d’un grand général unadversaire de la France, et livra le nord et le sud de notre pays aux Anglais et auxImpériaux. Il faut avouer que le chancelier Duprat seconda trop bien les plans de la reinemère. Nous dirions à présent qu’il fut son âme damnée. Par le crédit dont il jouissait,par l’autorité dont il était revêtu, par son habileté à interpréter les textes et à les fairecadrer avec les intentions, il parvint à donner un air de légalité aux rigueurs, aux per-fidies, aux abus de Louise de Savoie , et à la justifier devant son fils. Mais s’il l’aida dansdes manœuvres qui eurent pour résultat l’abaissement de la France , il l’aida aussi à pareraux circonstances, quand la folie du roi, à la bataille de Pavie, eut fait de ce prince uncaptif et exposé nos provinces à l’invasion étrangère.

Après la victoire de Marignan qui livra à François I er la ville et le duché de Milan , ily eut des conférences à Bologne entre le roi François I et ' et Léon X , chef de la ligueformée contre la France . Les papes avaient toujours désiré abolir la pragmatique sanc-tion établie sous le règne de Charles Y1I ; elle donnait au clergé la nomination des évê-ques et diminuait d’autant la puissance de Borne. Impatient de repasser les monts et dejouir en France de la gloire dont il venait de se couvrir, François I er s’en rapporta entiè-rement, à son chancelier, et d’après ses conseils promit tout ce que le pape voulut. Aprèsavoir passé trois jours à Bologne , il en repartit le 15 décembre, laissant à Duprat le soind’arranger définitivement cette affaire. Duprat fut bientôt d’accord avec le pape. Onconvint que la pragmatique sanction serait abolie ; qu’en conséquence, le droit d’élireaux évêchés et autres grands bénéfices vacants cesserait d’appartenir aux Eglises deFrance ; que le roi y nommerait désormais, mais que sa nomination aurait besoin d’êtreconfirmée par les bulles du pape, qui ne seraient délivrées que moyennant payement

d’une année de revenu du bénéfice. Le roi y trouvait son avantage : la nomination aux

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