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Tome troisième.
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38 PALAIS, CHATEAUX, HOTELS ET MAISONS.

d’angle, d’un effet si puissant et si étrange, appartiennent bien, et à n’en pas douter, àla Renaissance. Il devient donc vraiment difficile de se prononcer d’une façon absoluepour l’une ou l’autre de ces suppositions : comme terme moyen, ne pourrait-on pasadmettre qu’un ancien château a réellement existé, mais que les fondations de l’enceinteseules ont été conservées ? Les tours tout entières, à partir du sol, ont pu être refaitesdans ce style simple et sans autre caractère que sa brutalité, qui se trouve en si parfaitdésaccord avec le reste des constructions, tout en datant cependant du même temps.

Les tours sont à présent privées de leur couronnement, c’est-à-dire des créneaux quiles terminaient, et nous ne supposons pas qu’elles aient jamais été utiles à la défense duchâteau. Notre assertion une fois admise de la construction de l’édifice actuel sur l’em-placement d’un autre édifice , dont les fondations seules auraient été conservées , onarrive facilement à voir que les fours ont dû être restituées dans l’unique but de con-server extérieurement les marques de la puissance et du droit de juridiction, possédéesquelque temps par Duprat comme seigneur et comme archevêque. Toujours est-il queces tours, bien que démantelées, existent, et qu’il est difficile, à moins de faire desfouilles profondes, de constater si elles sont ou en partie d’origine ancienne, ou complè-tement de l’époque des bâtiments d’habitation. Mais quels que soient les motifs qui ontamené la conservation d’un appareil de défense auquel on commençait généralement àrenoncer sous François I er , il n’en faut pas moins admettre que tel qu’il est, le plan duchâteau de Nantouillet est une œuvre étudiée et réussie. Les fossés, on s’en doute, sontmaintenant privés de leur eau ; l’une des tours est presque complètement détruite, etles autres sont démantelées ; enfin, les plantes parasites et une végétation mesquine,mais vivace, envahissent partout les larges fossés du château. Malgré cela, malgré lecaractère d’abandon qui plane sur le palais de Duprat, on voit au premier abord qu’anest en présence d’un des beaux édifices que nous ait légués la Renaissance française,c’est-à-dire en présence d’un palais profondément étudié, et comme plan général etcomme décoration ; en un mot, devant une construction ordonnée par un personnagepuissant et passionné pour les arts, et exécutée par un artiste digne de le comprendre.

On ne saurait donc, à notre avis, trop étudier le château de Nantouillet, puisqu’ilsemble réunir toutes les qualités architecturales requises dans un édifice de cette nature.Malheureusement, trois siècles et plus nous séparent de l’époque où il fut érigé, troissiècles pendant lesquels il eut à éprouver bien des vicissitudes, bien des modificationsintérieures ou extérieures. Puis les révolutions, ces messagères terribles du progrès,sont venues frapper à notre porte, et mettre à l’ordre du jour la mutilation ou la destruc-tion de tous les édifices seigiieœ mx, quel que soit leur mérite artistique, et quels quesoient aussi les souvenirs historiques évoqués par eux. C’est sans doute à partir de cettedernière époque que commence la déchéance réelle du château de Nantouillet, que nousvoyons transformé aujourd’hui en un centre d’exploitations rurales et agricoles, en uneferme.

Étrange transformation, en effet, de ce beau palais de la Renaissance ! Dans ce châ-teau, dans cette cour spacieuse où l’on voyait jadis, pendant les années de splendeur de