DU XV e AU XVIII e SIÈCLE
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groupe saisissant, un point brillant qui attire le regard. Les combles d’ardoise offraientun assez grand développement, et pouvaient aussi être animés par des lucarnes abon-damment décorées. L’architecte n’a point omis de le faire, et celles que nous y voyonssont remarquables par leur originalité et en meme temps par leur importance.
Le plan du rez-de-chaussée (voy. planche I) montre à chaque pavillon d’angle la formesingulière du talus qui sert de base à l’édifice, et plongeait dans les fossés supprimésaujourd’hui. Le talus s’allonge en pointe aux quatre angles principaux. Cette dispositiona-t-elle trait à un système de défense adopté ? On a, en vérité, de la peine à se l’imaginer ;dans toute cette demeure aux modestes dimensions, on ne saisit guère un besoin réel dedéfense. Pourtant on y avait pensé : le fossé était déjà à lui seulun moyen puissant de retranchement, mais des meurtrières exis-tent au rez-de-chaussée et au premier étage, sur les flancs despavillons qui commandent l’entrée principale (voy. fig, 6). Ledoute n’est donc pas permis.
Tout est d’une régularité absolue dans le plan d’Angerville. Lespavillons d’angle sont symétriquement placés et distribués à peude chose près de la même façon. Ainsi on remarque à chacun
tion des pavillons relativement au corps de logis principal. Cespavillons sont voûtés et ont dû être décorés avec un soin tout
particulier ; ils sont éclairés par deux fenêtres beaucoup plus étroites que celles de lapartie centrale : cela devait être, à cause de l’exiguïté des pavillons. On remarquera queles fenêtres des façades ne sont pas dans Taxe.
L’escalier est un escalier droit ; on y arrive en traversant un vestibule voûté, décoréde niches, de pilastres et d’un aspect assez froid, mais dont l’étude paraît approfondie.
Chaque palier ou repos de l’escalier contient des niches destinées à recevoir des statuesou des bustes, absents aujourd’hui. On arrive par cet escalier, très-commode, trés-olu dié et cependant dépourvu de toute prétention, à l’étage supérieur, ou étage descombles. Quatre grandes pièces sont disposées dans le corps de logis central ; une seulede ces pièces est voûtée, celle qui se voit à gauche de l’escalier et qui sert de cuisine.C’est dans cette pièce que nous avons relevé le chiffre sculpté et si étrangement com-pliqué, inséré dans une des pages précédentes.
La disposition du premier étage est en tout point semblable à celle du rez-de-chaussée,avec cette modification que les réduits ou retraits des pavillons sont supprimés, et qu’au-cune des pièces n’est voûtée (voy. planche I). Ajoutons que toutes les salles, soit au rez-de chaussée, soit aux étages, sont privées de leur décoration primitive ; ainsi les fenêtressont veuves des charmants volets qui servaient à les clore, et dont M. le marquis deBailleul a déjà retrouvé quelques spécimens ; les portes ont disparu, les lambris aussi ;les décorations peintes sont partout effacées. En un mot, c’est l’intérieur du château quia surtout souffert du pillage révolutionnaire, et on le voit trop. Mais, hâtons-nouscependant de le dire, grâce aux documents retrouvés par M. de Bailleul, la restauration
d’eux une sorte de retrait commandé, du reste, par la disposi