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Tome troisième.
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HOTEL

LAMBERT

A PARIS

XVII e SIÈCLE

Par qui fut bâti Phôtel Lambert, et quel était dans la société le rang de sonfondateur ? L ’ Histoire de Paris, par Théophile Lavallée , nous dit ceci : « L’hôtelLambert, situé rue Saint-Louis, n° 2, a été bâti par Lambert de Thorigny, maître descomptes, qu’on appelait Lambert le riche, et qui était, en effet, l’un des financiers les plusopulents de son époque. » M. de la Bédollière, dans son Nouveau Paris , écrit sans douteà la hâte, mais riche en documents, nous dit d’autre part : « Nicolas Lambert de Thorignyétait un président assez obscur de la seconde chambre des requêtes au parlement deParis . » Président au Parlement et maître des comptes, la différence est assez considé-rable. Qui a raison, de l’historien si connu par ses travaux patients et érudits, ou dujournaliste écrivant à la hâte et pressé de produire ? Ici, il faut l’avouer, c’est le journa-liste. Nous avons rencontré en effet un document très-grave donnant raison à VI. de laBédollière, C’est une dédicace éditée par un contemporain de Nicolas Lambert, BernardPicard, et placée au début d’une série de gravures, où sont reproduites par le burin lesdécorations peintes, dont le Sueur et le Brun ont enrichi l’hôtel de Fîle Saint-Louis.A’oici la formule de la dédicace (!) : A Mes sire Nicolas Lambert, président de la secondeChambre des requêtes du parlement de Paris , Ainsi, de l’aveu d’un contemporains’adressant à Nicolas Lambert, le fondateur de l’hôtel a été président du Parlement. Ce

(1) Nous donnons la dédicace en entier. Vu la rareté des documents, elle est assez ulile au point de vue biographique ;nous l’extrayons d’un ouvrage intitulé : Les peintures de Charles Le Brun et d'Eustache Lesueur , qui sont dans l'hôteldu Chastelet , ci-devant la maison du président Lambert, dessinées par Bernard Picarl . et gravées tant par lui quepar différents graveurs, à Paris , chez Duchange, graveur dît roi. MDCCXL.

A Messire Nicolas Lambert, président de la seconde chambre des requêtes du Parlement de Paris . — Monsieur, commec’est à vous que je dois les dessins que je donne ici au public, puisque c’est vous qui m’avez permis de les graver sur lesoriginaux, qui sont un des principaux ornements de votre belle maison, j’ai cru que la reconnaissance m’engageait à vousles offrir, et que la continuation de votre honnêteté vous les ferait agréer. — Je voudrais pouvoir ajouter à ce témoignagede ma reconnaissance ceux que je pourrais rendre de tant de rares qualités qui vous distinguent et dont la réputation s’estétendue jusque dans les lieux où la destinée m’a fait choisir mon séjour. Votre nom, Monsieur, et votre mérite sontconnus en Hollande, non*seulement par les ouvrages de l’illustre auteur qui a si bien connu et si bien exprimé votrecaractère en tant d’endroits de ses écrits ; mais aussi par un grand nombre d’honnêtes gens, pour qui Paris n’est pointétranger et qui savent comment vous soutenez la qualité d’excellent magistrat, de bon parent, et de généreux ami, c’est-à-dire avec quelle application, quelle droiture, quelle politesse et quelle intégrité, vous remplissez tous vos devoirs. Maisce n’est pas à moi à entreprendre de mettre votre mérite en tout son jour ; je n’ai ni assez d’éloquence, ni assez d’usagede l’art du panégyrique ; je me borne à l’art que je professe et à une assurance sincère du respect et de la reconnaissanceavec laquelle je suis, Monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur, Bernard Picart .