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Tome troisième.
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DU XV e AU XVIII e SIÈCLE.

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Du côté des fenêtres, la disposition n’étant plus la même, la décoration a du semodifier un peu, tout en conservant le même caractère : c’est là que nous voyons lestrois motifs ou panneaux représentés planche XXIV (1). Dans le motif central, une jeunefemme porte sur sa tête un vase fort riche et trop volumineux pour ses forces ; elle estdrapée d’une sorte de manteau, exécutée avec une grande perfection et tout à fait dansla palette de Le Sueur. En résumé, nous ne serions pas surpris que cette figure et cellequi lui fait face soient sorties du pinceau de ce maître. Au-dessous du grand panneauen question se voit le cartouche dont le centre est occupé par une figure de f Amour , et ausommet, le motif qui présente un médaillon avec portrait au centre. La planche XIXmontre les panneaux peints dans l’embrasure de la porte, et la planche XXII les panneauxmêmes de la porte.

II ne nous reste plus maintenant, pour achever la description de l’hôtel Lambert,qu’à parler du cabinet des bains, plus connu sous le nom de « cabinet de Voltaire »,et qui existe précisément au-dessus de la « chambre des Muses ». Il est situé dansl’étage en attique qui règne sur ce corps de logis , et ses fenêtres sont ouvertes surle jardin de la terrasse.

Cette pièce, de dimensions assez restreintes, présente divers motifs d’intérêt. Quandon en franchit le seuil avec cette pensée qu’elle fut longtemps habitée par Voltaire ,on se figure aisément que l’on y doit apercevoir l’ombre du philosophe, de l’ami deM me du Châtelet. Non-seulement Voltaire n’est plus là, mais il n’a laissé aucune tracede son passage. On oublie, du reste, absolument l’auteur de la H-enriade , quand on jetteles yeux sur le petit plafond en coupole qui existe au centre du cabinet, et qui estentièrement peint par Le Sueur . Ce plafond, en voussure quadrangulaire, est un véritablechef-d’œuvre. Tout s’y trouve marqué au coin de la perfection : la beauté et le grandcaractère des compositions, la pureté, l’élégance du dessin, la vigueur et l’harmonie ducoloris, s’v rencontrent au même degré de réussite (2), et l’on ne cesse d’admirer cetteœuvre de Le Sueur , même après avoir contemplé les peintures autrement importantescependant des étages inférieurs.

Le plafond de la salle des bains étant un parallélogramme voûté, deux des côtés sontplus grands que les autres (voy. planches XI et XII). Dans les angles ou écoinçons, lemaître a placé les divinités de la mer et des eaux, puis la licorne faisant partie du blasondu président Lambert, et aux extrémités inférieures de grosses coquilles. Le milieuinférieur est occupé par des enfants nus et ailés jouant avec des branches de corail. Tous

(1) Notre devoir d’auteur nous oblige ici à mentionner une erreur qui aurait pu causer quelque embarras au lecteurDans un travail comme celui-ci, c’est-à-dire demandant un certain nombre d’années pour être conçu, exécuté et achevé,il est impossible de ne pas commettre des erreurs de classification. On ajoute, on supprime, on modifie, on remplace desplanches, et très-souvent on éprouve de véritables difficultés à maintenir exactement le chiffre de gravures fixé d’abordpour chaque monographie. Ainsi, ce travail sur l’hôtel Lambert devait être traité en vingt-quatre planches, et l’une d’elles,qui a paru depuis un certain temps, porte, on le voit, le n° xxiv ; or, après mûres réflexions, ce n’est pas à vingt-quatre,mais à vingt-deux planches seulement que nous nous sommes arreté. Dans le texte, nous ne tiendrons compte de l’erreurque par cette note ; nous renverrons au numéro actuel de chaque planche, nous réservant, par exem pie, de corriger cetteerreur à une prochaine édition.

(2) Il existe, dans une des salles du premier étage du musée de Cluny, à Paris , une copie exacte et assez fidèle de ceplafond de Le Sueur ; mais l’auteur de cette copie est loin d’avoir atteint à la vigueur et à l’harmonie de l’original.

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