70 PALAIS, CHATEAUX, HÔTELS ET MAISONS.
fait une assez triste figure au milieu des ouvriers forgerons entassés dans cette pièce. Laboiserie régnant autour de la salle n’était aussi plus en place au moment où s’opéraientnos relevés, mais nous en avons retrouvé des fragments assez importants pour pouvoir,sans hésitation, la restituer. Continuons nos aveux en déclarant que la plaque dufoyer est empruntée à un Musée de province, et nous serons, en ce qui concernel’ensemble gravé de la belle cheminée d’Arnay, absolument à découvert vis-à-vis dulecteur.
La cheminée représentée planche Y se voit dans une salle voisine de celle que nousvenons de quitter et adossée à la cheminée précédente : les dimensions en sont doncidentiques ; cependant le parti pris décoratif est tout autre. Nous y voyons plus d’ar-chitecture et moins d’ornementation ; les pieds-droits sont plus simples de conception etoffrent moins de retraits et de saillies susceptibles d’être brisés ou tout au moins derecéler la poussière. Bref, quoique beaucoup moins riche et précieuse que la première,cette seconde cheminée doit, à notre avis, lui être préférée. Nous la trouvons plusrationnelle et mieux disposée comme lignes principales : enfin, çà et là, l’œil peut ytrouver quelques parties où se reposer et ne se trouve pas fatigué d’une ornementationmerveilleuse, mais par trop prodiguée. Gela est à considérer.
Fig. 12.
La partie la plus ornée est ici le manteau de la cheminée : les moulures d’un beauprofil ont reçu partout des ornements courants d’un goût exquis. Ce sont tantôt desfeuilles mêlées à des fleurons, tantôt des guirlandes de fruits au milieu desquellestrouvent place des figures d’anges. La frise est ornée de rinceaux exécutés dans lemême esprit, c’est-à-dire avec beaucoup de verve et séparés entre eux par une sorte debalustre (voyez, fig. 13, un détail de cette partie de la seconde cheminée).
Plus haut, à la base de la hotte, nous voyons des figures ailées mais un peu petitesd’échelle, soutenir des médaillons qui ont du contenir ou des inscriptions ou des plaquesde marbres destinées à égayer l’ensemble, Il est difficile de rien affirmer à ce sujet, maisil est certain que le centre des petits médaillons en question a été gratté impitoyable-ment. Au centre de la cheminée existent quatre médaillons circulaires séparés par descolonnettes extrêmement bombées peut-être avec intention et pour marquer qu’ellesjouent ici de préférence le rôle de balustre : ces colonne!tes sont très-saillantes etisolées du mur (voyez, fig. 14, des coupes faites sur le manteau et la hotte de lacheminée).