DISCOURS PRELIMINAIRE. 37
de même que le soir. Cet effet des réfractions terrestresqui, à différens temps ou à différentes heures du mêmejour, et, suivant les variations atmosphériques , élèveplus ou moins le même objet, le cache ou le rend vi-sible, est singulièrement curieux, et nous l’avons ob-servé plus d’une fois. A Bourges , dans les plus beauxjours de l’été, je chercliois inutilement la tour d’Issou-dun qu’on avoit observée en 1740* Quelques arbres queje voyois dans la direction de cette tour, m’ôtoient touteespérance : j’essayai de la chercher le soir, et je la vis ainsideux fois au coucher du soleil. A Boiscoinmun , le clocherde Chapelle-la-Reine se montra un matin, par un brouil-lard humide, plus haut et plus gros qu’un arbre qui sevoyoit en même temps dans la lunette , et qui, à l’ordi-naire , paroissoit deux fois plus haut que la partie visibledu clocher. C’est ainsi que des eûtes de Gênes et de Pro-vence on voit quelquefois les montagnes de Corse s’éleverau-dessus de l’horizon sensible, comme si elles sortoientde l’eau, et disparoître ensuite, comme si elles se plon-geoient dans la mer. ( Mém . de U Acad, pour 1722.)
J’étois pressé de rentrer à Paris pour la station du Pan-théon , parce qu’elle exigeoit deux signaux qui ne pou-voient subsister long-temps, c’est-à-dire le clocher deDammartinet la cheminée de Malvoisine. Je fus fort sur-pris , à mon arrivée, de ne plus voir la lanterne qui termi-noit le dôme. C’étoit là le changement qui m’avoit étéannoncé en termes vagues par M. la Rochefoucauld. Cecontre-temps causa de nouveaux retards : il fallut faireconstruire en charpente un observatoire temporaire qui