DISCOURS PRÉLIMINAIRE.' 5l
de la méridienne dans des temps si orageux, sans douteon ne demandoit pas que je quittasse mes clochers etmes signaux pour aller dans les clubs faire parade desentimens républicains et de haine pour les rois j cen’eût pas été le moyen d’accélérer un travail dont onse plaignoit d’être obligé d’attendre si long-temps lerésultat. En destituant un grand nombre de ceux quis’y étoient consacrés tout entiers, et principalementBorda, qui en avoit fait le plan et créé tous les moyensd’exécution, il étoit visible qu’on vouloit changer ceplan, ou du moins le simplifier beaucoup, et dans cettevue on ne vouloit dans la commission que les personnesdont on avoit un besoin indispensable. On désiroit aussiprofiter de l’impulsion révolutionnaire, et cette idée étoitfort bonne j mais il n’étoit peut-être pas impossible deparvenir aux mêmes fins par d’autres voies.
Je terminai les observations à Orléans le 5 pluviôsean 2, et j’étois à Paris le 12. Je trouvai en arrivant quele comité révolutionnaire de ma section avoit mis lescellé chez moi, par forme de précaution : j’en obtinsla levée en fournissant la preuve de la mission quej’avois remplie, et en produisant les certificats des mu-nicipalités de tous les lieux où j’avois successivementséjourné depuis ma dernière sortie de Paris . On peutjuger seulement que je ne montrai pas l’arrêté qu’onvient de lire ; je laissai croire, sans le dire formellement,que ma mission continuoit. Mes commissaires exami-nèrent tous mes papiers avec le plus grand scrupule.Je n’eus qu’à ine louer d’eux j ils consentirent même à