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Tome premier.
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XXII
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xxi I NTRODUGTION.

Or ne doutera point que Puſage des Barques& des Radeaux ne ſoit preſ-qu'auſſi ancien que le Monde, ſi on conſidère que ſans ce ſecours pour traver-ſer les rivières, le genre humain n'a p changer d'habitations, paſſer d'un Paysà Pautre,& faire la moindre communication des biens qui naiſſoient dans lesRégions habitées. On congoit que cette invention n'étoit pas moins néceſſairepour la pêche du Poiſſon, au long des Côtes de la Mer. Enſuite on s'encoura-gea ſans doute à les ſuivre, au hazard de quelques dangers contre leſquels onparvint à s'aguerrir;& l'intérét ayant toüjours eu plus de force que la crain-te, l'envie de ſe procurer par des échanges, les commodités qu'on n'avoit pas,fit ſurmonter des difficultés que'induſtrie d'ailleurs ne manquoit pas de dimi-nuer de jour en jour. Mais comme les longs voyages demandoient des bätimensplus capables de réſiſtance,& que les Nations n'ont pù penſer à l'établiſſe-ment du Commerce par mer ſur des Côtes éloignées, qu'apréès s'être fortifiéesdans les Pays qu'elles habitoient; il n'y a pas d'apparence qu'on ait bâti degrands vaiſſeaux ni entrepris de longues navigations, avant la fondation dequelques grands Etats, tels que ceux des Chinois, des Perſes, des Aſſyriens,ou des Babyloniens. Malheureuſement les connoiſſances hiſtoriques qui nousreſtent de ces anciennes Monarchies, ſont imparfaites& remplies d'incerti-tude. Les Chinois ſe vantent d'avoir eu fort anciennement de grandes forcesſur mer:& ſi on en croit le témoignage de pluſieurs Auteurs, les trois(c)autres Nations n'ont pas eu des Flottes moins puiſſantes. Quelques EcrivainsGrecs affürent que Sémiramis Reine d'Aſſyrie mit en mer une flotte de quinzecens voiles. Mais ces relations ſont juſtement ſuſpectes. Les Grecs, apreèsavoir détruit tous les monumens des Babyloniens& des Perſes, qu'ils ſubjugué-rent ſous Aléxandre le Grand, ſe trouvèrent obligés de ſuppléer par des fablesaux archiv es dont ils ſe reprochoient la ruine.

Du moinsrdans CEPENDANT iI eſt fort probable que les Puiſſances maritimes de'Aſie eu-27- vnehha rent des flottes dans les tems de leur ſplendeur,& qu'elles sétoient établi undSesrent des commerce régulier dans les Indes Orientales, qui ont été de tout tems une

Fgtz ſource de richeſſes. Salomon équipoit à Ezion-Gaber, dans la Mer Rouge, desflottes qu'il envoyoit à Opbir.[Ce fait n'eſt pas douteux pour ceux qui reſ- spectent les Livres Saints:]& quoiqu'on ne puiſſe déterminer la ſituation d'O-phir, ni ſqavoir même s'il étoit dans'Inde, ou dans quelqu'endroit de la Côted'Afrique ou d'Arabie, on ne ſgauroit douter raiſonnablement que le voyagede v'Inde ne füt alors auffi fréquent qu'il l'a été dans tout autre tems, avant

l'invention

de ce dernier, où il paroit avoir raſſemblé re paroitre la lecture de l'Auteur, qu'*à in-tout ce qui concerne cette matière; les diver- ſtruire ſes Lecteurs.—

ſes opinions des Ecrivains qu'il cite,& qui(c) Angl. deux. R. d. E.

ſe contrediſent ſouvent, ſervent plutot à- fai-