INDES ORIENTALES, LIv. I. CHaAr. IV. 33
X verſes fautes.[II avoüa méme dans la fuite, que ſon deſſein avoit été de farre VAscop-périr le Vaiſſeau.] On arriva le 4 à la vué du Continent,& de deux Iſles peu Gams.EsLloignées(& environnées de bas-fonds,] trois lieués au-deſſus de Quiloa. Ga- 149 8.ma fut faché d' avoir paſſé cette Ville, parce que les Pilotes avoient aſſuré Elle part dequ'il s'y trouvoit quantité de Chrétiens; mais il vérifia dans la ſuite qu'ils n'a- ge.ea, vensvoient penſé qu'à le faire périr, en le faiſant aborder ſans défiance dans un See-ens49 9lieu fort dangereux(c). Le Ciel ne permit pas que tous leurs efforts, pour y Iſe Aſotado.retourner, puſſent ſurmonter le vent& Pimpétuoſité des courans. On réſo-lut de gagner P'Ifle de Mombalſa, à ſoixante-dix ſieués plus au Nord. Le Quiloa.Saint-Raphaél heurta contre un banc de ſable, aſſez proche(d) de la Côte;mais il fut ſauvé à force de ſoins,& l'on donna ſon nom au méme lieu.Quelques Mores, venus du Continent, demandéèrent le paſſage,& furentrécçus à bord juſqu'à Mombaſſa, où toute la Flotte arriva heureuſement le 7d'Avril. Dées le moment de ſon arrivée, tous les malades commencérentà ſe rétablir.
Mombaſſa eſt une Ile, qui n'eſt ſéparée du Continent, que par les bras d'une Situation deRiviere, qui ſe jette dans la Mer par deux embouchures. On y trouve en abon- Mombaſſa,&dance toutes ſortes de proviſions, comme du millet, du ris, de la volaille, ſes propriétés.& des beſtiaux extréemement gras; ſur-tout les moutons, qui n'y ont point dequeué. Le terroir eſt fort agréable. II préſente une infinité de Vergers, plan-tés de grenadiers, de figuiers des Indes, d'orangers des deux eſpéces,& de ci-troniers. L'eau y eſt excellente. La Ville, qui eſt gouvernée par un Roi, abeaucoup d'étendus, quoique batie ſur un roc dont la Mer vient batre lepied; ce qui la rend tranquille contre la crainte des mines. On a bati à l'en-trée du Port, un petit Fort preſqu'à fleur d'eau. La plüpart des maiſons ſontde pierre, de la forme de celles d'Eſpagne,& les plat-fonds ſont travaillẽsen compartimens de plätre. Les rués font fort belles. II'y a point d'autreshabitans que des Mores, les uns blancs les autres bazanés. IIs excellent à mon-ter à cheval. Leur parure eſt riche, fur-tout celle des femmes, qui ne por-tent que des habits de ſoie, enrichis d'or& de pierres précieuſes. Le Com-merce y eſt établi pour toutes ſortes de marchandiſes:& le Port, qui paſſepour bon, eſt continuellement rempli de Vaiſſeaux. Mombaſſa regoit du Con-tinent de l'yvoire, de la cire& du miel.
CouuE la Flotte Portugaiſe avoit jetté Pancre au-dela de la Barre, il Les Portu-vint pendant la nuit une grande Barque, avec environ cent hommes, armés EWE--d'épées& de targettes(), qui firent mine de vouloir tous monter à bord. vifitent la Vil-Gama n'en regut pas plus de quatre; il exigea même qulils fuſſent déſarmés, le.en rejettant la néceſſité de cette précaution ſur ſa qualité d' Etranger. Lesayant bien traités, il apprit d'eux que leur Roi ſgavoit déeja ſon arrivée,&qu'il Penverroit viſiter le lendemain. IIs lui promirent de charger ſes Vaiſ-ſeaux d' épices,& de lui faire voir des Chrétiens, dont ils Paſſurérent que lenombre étoit grand dans leur IHle. Quoique ce rapport s'accordât avec celuides Pilotes,& que Gama le crut fidelle, il n'en demeura pas moins ſur ſesgardes. Le jour ſuivant, il regut Jes complimens du Roi, par quelques Dépu-
Mombaſſa.
tés,(c) Angl. lieu oQ on l'auroit égorgé. R.(e) Angl. De Boucliers. TZarge SignifieI bien un bouclier; mais Targette a une toute au-
(d) Angl. A deux lieués R. d. E. tre ſignification. R. d. E.I. Part.