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VAscopz rail, trois baſſins de cuivre, quelques ſonnettes,& deux miroirs G 2SPsGaAnuAd. jour ſuivant, Gama s'avanga plus pres de la Ville avec ſa Flotte& jetta l'an-149 8. cre vers quatre Vaiſſeaux Chrétiens des Indes, qui ſe trouvoient dans le Port.Chrétiens Le Roi lui fit faire ſon compliment dans des termes fort civils,& lui fit annon-
2 1 I“ cer ſfa viſite pour le lendemain. Dans P'intervalle, les Chrétiens des Indesvyviſiteérent la Flotte Portugaiſe avec la permiſſion du Roi. Is avoient la tail-
le belle& le teint brun. Leurs habits étoient de longues robes de calicoblanc. Ils avoient la barbe longue& épaiſſe;& leurs cheveux, qui avoientauſſi toute leur longueur, étoient retrouſſés ſous leurs turbans. Ils parloientun peu la Langue Arabe, qui étoit néceſſaire pour leur commerce avec lesMores. Mais ils avertirent Gama de ſe tenir ſur ſes gardes,& de ne pasſe fier trop à cette Nation. Les Portugais leur ayant préſenté une Image dela Vierge& de quelques Apôtres, pour reconnoftre s'ils étoient Chrétiens 1ils ſe mirent à genoux,& firent quelques prieères(m). Dans la ſuite, ils conti-nuéerent de venir tous les jours renouveller leurs dévotions aux mêmes Ima-ges, en laiſſant pour offrande, du poivre,& d'autres petits préſens. IIs nemangeoient point de bœuf,[par un reſte, apparemment, de la ſuperſtitionchqui eſt commune à tous les Indiens.] IIs étoient venus de Cranganor; mais ilsne purent donner aucun éclairciſſement ſur Calecut.
Entrevué LAPRES-MIDI du jour ſuivant, le Roi de Mélinde ſe rendit ſur la Flotte dans
& de une grande Barque. II étoit vétu d'une robe de damas cramoiſi, doublée de
ſatin verd. Autour de la téte, il avoit une riche(n) écharpe, roulée fortproprement. II étoit aſſis[ſur un couffin de ſoie,] dans un beau fauteuil ☛⸗—Tproprement travaillé] avec une autre chaiſe prées de lui, ſur laquelle étoit=un bonnet de ſatin cramoiſi. Un homme àgé, qui ſe tenoit debout à ſon cô-té, portoit dans ſes mains une épéc fort riche, dont le fourreau étoit q'ar-gent. Vingt autres Mores, magnifiquement vêtus, compoſoient ſa ſuite„ a-vec quelques Muſiciens qui joũoient de leurs Sagbuts,& de deux Fltes d'y-voire d'une longueur ſurprenante(0).[Elles étoient tres-bien faites, ayant unxspetit trou au milieu, par le moyen duquel on joũoit(p). Gama ſe mit dansſa Chaloupe pour aller au-devant du Roi, accompagné des douze principauxOfficiers de ſa Flotte. Aprés quantité de ſalutations, il paſſa dans la BarqueRoyale, ſur P'invitation du Monarque, qui le traita comme un Prince. II leconſidéra long-tems avec la plus curieuſe attention. Il lui demanda le nomde ſon Pays, le nom de ſon Roi,& les motifs qui l'avoient amené dans ces
Ene toumne Mers. L. Amiral l'ayant fatisfait ſur toutes ces queſtions, il lui promit un Pi-
.v-n.A. lote pour le conduire à Calecut,& Pinvita à venir prendre les plaiſirs de ſon— 80. Palais. Gama s'en excuſa hommnétement; mais il promit de deſcendre dans la Vil-
le à ſon retour:& pour témoignage de ſa bonne-foi, il fit préſent au Monar-
que de tous les Mores(q), qu'il avoit pris depuis peu ſur la Pinnace. Cettegéneroſité toucha vivement le Roi de Meélinde(r), il prit plaiſir à ſe pro-
me-(1) Angl. deux écharpes. R. d. E. ☛(p) Cet inſtrument, reſſembloit aſſez à(m) Angl.& les adorerent. K. d. E. nos flütes Allemandes.(n) On congçoit que c'étoit une ſorte de Tur-(4) Angl. treize. R. d. E.ban. R. du Trad.(r.) Angl. II déclara que ce préſent lui faiſoĩt
(*) Angl. de huit paumes delong. R. d. E. plus de plaiſir, que ſi l'Amiral lui avoit donnéune Ville pareille à celle de Mélinde. R. d. E.