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Tome premier.
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ℛ VOYTAGES DES PONRTUGAIES Abvx

CAXnNAL. Grecque ou Latine,& ſi leur Ville n'étoit habitée que par des ChrétiensLun d'eux répondit que les Habitans de Cranganor étoient un mélange deGentils, de Chrétiens, de Juifs,& d'Etrangers, qui étoient la pläpart desMelange de Marchands de Syrie, d'Egypte, de Perſe,& d' Arabie; que les ChrétiensReligions, ern- payoient au Roi un Tribut régulier,& demeuroient dans un quartier ſéparé;1-ö qu'ils avoient une Egliſe avec des Croix, mais ſans Images& ſans Cloches;meſetrouve[que quand les Préêtres appelloient le Peuple à la priére, ils obſervoient laeétabli. Méthode des Grecs;] qu’'ils avoient leur Pape, ſous lequel étoient dix Car-dinaux,& deux Patriarches, avec quantité d Evéêques& d'Archevéques;que cette Cour Eccléſiaſtique réſidoit en Arménie, où les Evéques de Cran-ganor alloient recevoir leur dignité& leur conſécration; que lui- même avoitregu le Sacerdoce des mains de ſon Pape; que le Clergé de cette Juriſdictions'eétendoit fort loin dans'Inde& dans le Catay,& qu'il y obſervoit la mê-me diſcipline; que les deux Patriarches faiſoient leur réſidence dans ces deuxProvinces,& que les Evéques étoient diſperſés dans les Villes où l'on admet-toit leur Communion; que leur Pape portoit le titre de Catbolique; enfin, quela tonſure du Clergé étoit en forme de Croix. Cabral ne fit pas difficulté derecevoir ces deux Chrétiens fur la Flotte.Deéputés de IT regut enſuite deux Députés des Rois de Cananor& de Coulan, qui ve-Cananor&de noient Pinviter à s'approcher de leurs Ports,& lui promettre des épices àCoulan pour prix plus bas que celles de Cochin. II les remercia de leurs offres. Sa car-

1500.

attirer chez 8 ⸗ 2 8 8 S, 8 2 2eux les Portu- gaifon étoit achevée,& la ſaiſon le preſſoit; mais il leur promit de les vi-gais. ſiter lorſqu'il retourneroit aux Indes.

1501. Ex effet, il ne penſoit plus qu'à ſon départ, lorſqu'on vit paroître au long

de la Còôte vingt-cinq gros Vaiſſeaux, avec d'autres bàtimens de moindreplotte de Ca- groſſeur. Le Roi de Cochin, informé du deſſein de cette Flotte, fit avertirlecut qui cher-· auſſi-têt les Portugais qu'elle venoit les attaquer,& qu'elle avoit à bordcheà ſe venger 15000 hommes. II leur fit offrir en même-tems tout ce qui leur manquoitde Cabral. pour leur défenſe. Cabral répondit, en le remerciant de ſes offres, qu'a-] 8 vec ſa petite armẽe il ſe croyoit en état de faire repentir ſes ennemis de leurtugais. entrepriſe. En effet, les voyant balancer autour de lui,& demeurer à ladiſtance d'une lieué ſans oſer s'approcher, il leva l'ancre,& d'un air ferme ilLe vent ſepa- s'avanga vers eux. Mais le vent devint ſi contraire qu'il fut obligẽ de retourner aure les deux Port. Le lendemain 10 de Janvier 1501, lorſqu’il 6toit réſolu, avec un vent fa-Flottes. vorable, de braver la Flotte du Samorin, il trouva que le Vaiſſeau de Sancho deToar avoit été féparé de lui par l'orage du jour précedent. C'étoit le meilleur

de ſa Flotte,& ſe plus fort en Equipage.[N'ayant pas laiſſé de ſortir dusPort, il fut écarté tout d'un coup par un nouvel orage.] Ce contretems&l'abſen-

ment Cranganor,[& ſes habitans,& ſür-tout oles bien connoitre, eux,& leurs forces,les cérémonies religieuſes des Chrétiens qui& leurs uſages.[C'eſt une faute que les Voya-y font,] avec une courte deſcription de Cale. geurs commettent aſſez ſouvent; par haine decut, Camboya, Guzarate, Ormuz,& Nar- RKeligion, ils&vitent ceux qui pourroient leurſinga. Mais[on ne peut gueres s'y fier, donner les plus juſtes informations ſur l'tatcar] celui qui regut ces éclairciſſemens de la de leur Pays. De laà vient que parmi le grandbouche de Joſeph, confeſſe qu'à peine pou- nombre de Relations que nous avons fur lesvoit-on l'entendre;& d'ailleurs, qu'étant Pays étrangers, il s'en trouve peu qui repré-Chrétien il n'avoit jamais eu aſſez de commer- ſentent véritablement les choſes telles qu'ellesce avec les Idolatres de ſon propre Pays pour ſont.]