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Tome premier.
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VAscopE.

1502.

Allarmes duSamorin.

Il fait dé-iſer un dees gens en

Fermeté deGama.

II éxerceune furieuſevengeancecontre Cale-cut.

832 VvVOXAGES DESPORTUGAIS AUX

de piéces de corail,& d'autres bijoux eſtimés dans les Indes. Il fut regu,

à la téte du pont, par pluſieurs Nayres,& le Roi vint au-devant de lui juſ-qu'à la porte de la ſale. Ce Prince rembraſſa[& le conduiſit juſques dans+.-le lieu de Audience J. On avoit placé au fond de la ſale deux chaiſes, ſur 8leſquelles ils s'aſſirent;& cette poſture, à laquelle le Roi ſe contraignit, é-tant contraire à l'uſage des Indes, c'toit la plus haute marque de conſidé-ration qu'il pùt donner à Amiral. Ils conclurent, dans cette conférence,un Traité damitié& de commerce, avec P'établiſſement d'un Comptoir àCananor. Les Portugais déchargèrent immédiatement une partie de leursVaiſſeaux;& ſans éxiger d'autres cautions de la ſincérité du Roi, ils parti-rent pour Calecut.

g. II.

Vaſco de Gama canonne Calecut. II court riſque d'otre pris.Fermeté du Roi de Cochin.

A renommée avoit appris au Samorin l'’arrivée& les forces de ces Mar-I

chands guerriers dont il connoiſſoit déja la valeur;& le ſouvenir de ſoninfidélité lui faiſoit prévoir ce qu'il devoit craindre de leur reſſentiment. Ce-pendant il ne les croyoit pas ſi proches de ſes Cêtes;]& Gama, en arri-vant à la vüe de la Ville, ſe faiſit de pluſieurs Pares,& d'environ cinquan-te Malabares, avant qu'ils euſſent pris des précautions contre la ſurpriſe.(4) Il ſuſpendit les hoſtilités[contre la Ville] pour attendre ſi le Samorin..donneroit quelques marques dé repentir. Bien-tôt il vit arriver une Barque,qui portoit un pavillon, avec un Religieux Franciſcain, que les Portugaisprirent d'abord pour un de ceux qui étoient reſtés à Calecut dans le voyagede Cabral(b). En montant ſur le Vaiſſeau de'Amiral, il prononga Deogratias: ce qui n'empécha point qu'il ne fùt auſſi-têt reconnu pour un More.II commengça par des excuſfes de ce déguiſement, qu'il n'avoit pris que pours'approcher fans péril. Enſuite il déclara qu'il étoit venu par l'ordre du Sa-morin, pour offrir à FAmiral un nouvel établiſſement de Commerce avecCalecut. Gama répondit qu'il pourroit penſer à cette propoſition lorſqu'ilauroit regu du Samorin une juſte fatisfaction pour la mort de Correa,& pourles marchandiſes qui étoient reſtées dans le Comptoir.

TRols jours fe paſſerent en Meſſages, qui ne produiſirent aucun effet.L Amiral, perſuadé qu'on ne cherchoit qu'à gagner du tems, fit déclarer auSamorin qu'il lui accordoit encore juſqu'à midi pour ſe déterminer,& ques'il ne recevoit point dans cet eſpace une réponſé qui le ſatisfit, il employe-roit contre lui le fer& le feu, en commengant par les cinquante Malabaresde ſes ſujets qu'il avoit faits priſonniers. Et pour donner plus de force à cet-te menace, s'étant fait apporter un ſable d'une heure, il répéta au Morequ'il chargeoit de ſes ordres, qu’ auſſi-tot que cet inſtrument auroit fait tel-nombre de révolutions, il éxécuteroit infailliblement ce qu'il venoit de luidéclarer.

LE Samorin, tonjours gouverné par les Mores, eut la fermeté de ne faire

aucune

(a) Angl. Avant qu'on ſoit qui il étoit R. d. E.(b) Angl. Avec Ayres Correa. R. d. E,