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Tome premier.
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116
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ALMENDE.1509.

Son courageen mourant.

Fidẽélité defon Page.

Origine deMaleck Azz.

NouvelleFlot-te qui rend lecourage auxPortugais.

116 VOYAGESDES PORTUGAIS AU X

fuite. II ſe préſenta d'un air intrépide,

ſans étre arrété par le déſordre queyartillerie mit dans ſes Pares.

Malheureuſement, le Vaiſſeau de Dom Lo-renzo paſſant ſur quelques piliers qui étoient cachés par la hauteur de la Ri-viére, fit une voie d'eau ſi large qu'il parut impoſſible de le ſecourir;& parun malheur encore plus funeſte aux Portugais, Lorenzo fut bleſſé au mêmemoment d'une bale, qui lui briſa le genoull. Ce brave Commandant ſe fitappuyer contre le grand Mat, ‚ d'où II ne ceſſa point d'encourager une partiede ſes gens à combattre,& les autres à travailler à la pompe; mais il regutune autre bale, qui lui caſſa l'épine du dos,& qui le fit tomber ſans vie.Son corps jetté au bas des Ponts fut ſuivi par Gaton, un de ſes Domeſtiques,qui venant de recevoir une fléche dans l'œil, pleura ſon Maitre avec des lar-mes de ſfang. Apréès un combat des plus opiniatres, les Mores entrèrent dansle Vaiſſeau,& trouvèrent Gaton, qui reprit des forces à leur vüe. II entua pluſieurs qui tombèrent ſur le cadavre de ſon Mattre,& lui-même tombamort ſur eux. Enfin le Vaiſſeau fut ſubmergé. De plus de cent hommes queLorenzo avoit fur ſon bord, il n'en échappa que dix-neuf. Toute la Flotteen perdit cent quarante,& l'Ennemi plus de fix-cens. Deux Capiraines pri-rent la route de Cochin, où le Viceroi étoit alors. II apprit la mort de ſonFils avec une fermeté merveilleuſe.

PEv de tems apres cette diſgrace, il regut une Lettre de Maleck Azz. CeGéneral More étoit né dans Pefclavage,& deſcendu d'un Chrétien Schiſima-tique de Rufſie. II s'toit élevé par tous les degrés de la fortune; mais laprincipale action qui lui avoit procuré le Gouvernement de Diu, n'avoit pasdemandé un mérite extraordinaire. Un Oiſeau volant ſur la tete du Roi de

Cambaye y laiſſa tomber ſa fiente, ce qui mit ce Prince dans une vive colé-re. Jée donnerois, dit-il, tout ce que j'ai, à celui qui tueroit cet Oiſeau.Maleck Azz, qui excelloit à tirer de Farc, n'ent pas pltêt entendu ce diſ-

Cours, qu'il tua l'Oiſeau d'un coup de fléoche. Le Roi fut ſi fidele à le re-compenfer, qu'il le fit bien-tét Gouverneur de Diu, Ville fameuſe„ quiétant ſituée ſur une Péninſule triangulaire, joint le Continent par un fort pe-tit thme. Maleck Azz s'efforgoit politiquement de ménager tout-à-la-foisle Roi ſon mattre,& les Portugais, dont il craignoit le pouvoir depuis letort qwils avoient fait à ſon commerce. Dans cette double vüe il envoyaſes dix-neuf Priſonniers au Roi de Cambaye;& pour appaiſer le Viceroi Por-tugais, il lui écrivit une Lettre de condoléance ſur la mort de ſon Fils, en8 beaucoup fa valeur,& s'excuſant de n'avoir pü ſe diſpenſer de ſe-courir Mir Huſfein.[II lui offrit de lui rendre les Prifonniers qu'il avoit faits,moyennant une rangon convenable.]

1 LA défaite de Lorenzo avolt appris aux Mores que les Portugais n'eé-toient pas invincibles;& dans Pétat ou les Flottes d'Almeyde& d'Albuquer-.que étoient réduites, il 6toit fort à craindre que ces Infidéles réuniſſant tou-tes leurs forces, n'achevaſſent de ruiner le petit nombre d'ennemis qui leurreſtoit.] Ce fut au milieu de ces allarmes que les Portugais virent arriver uneFlotte nombreuſe qui releva toutes leurs eſpérances. II Stoit parti de Lisbon-ne, au commencement d Avrilde la même année, dix-ſept Vaiſſeaux qui a-

voient

(†) Ici commence la 3e. Section de l'Original. R. d. E.