CASTRO.
1540.
Reſpect deGama pourSainte Cathe-rine.
Il fait desChevaliers àFor.
Obſervationsſur l'exactitu-de Caſtro dansfon Journal.
1866 VOYAGES DES PORTUGAI‚SA UX
par le pillage& Fincendie de fa Ville, ou chaque Soldat Portugais n'eut 8 bmoins de quatre ou cinq mille ducats pour ſa part du butin. II avoit avẽlui dans cette expédition Chriſtophe de Gama ſon Frêre,& environ millhommes. II partit de-là pour Sucz avec ſeize Barques ſeulement, parcqu'il avoit envoyé le reſte de la Flotte à Maſſua, ſous les Ordres de Lio.nel de Lima. Chacun voulant être du nombre de ceux qui devoient aller 3Suez, il s'éleva de grandes disputes parmi les Troupes; ce qui fit donner à 4Baye le nom de Los Agraviados. II entra dans les Barques pluſieurs Gentl 86hommés en qualité de fimples Soldats. Tous ceux qui furent de cette expé-dition etoient au nombre de 250.] Dans la route il fit le même traitemen 4à AI Koſſir qu'il avoit fait à Suaquen J. Enſuite, paſſant à Tor, il y trol-va quelques Vaiſſeaux Turcs, dont il ſe faiſit. Les Habitans de la VillePabandonnérent après quelque réſiſtance; mais Gama, par reſpect pPoSainte Catherine& pour un Monaſtère ouù elle étoit particuliérement hono-rée, ne voulut pas la brüler. II fut le premier Capitaine Européen qui prircette Ville,& ce fut apparemment par cette raiſon qu'il y fit pluſieurs Cvaliers; honneur qui parut fort précieux à ceux qui le recurent,& qui&&cita Penvie de Charles-Quint mome. De Tor, Gama ſe rendit à Suez. 22préès quantité d'efforts inutilement tentés par ſes plus braves gens pour Stroduire dans le Port& découvrir les Galêéres, il'entreprit ſui-même 2 9plus de ſuccés. I vit quantité de Batimens[ou finis ou imparfaits, que leTures avoient tirés à ſec fort loin du rivage, pour les garantir de la rvin-qui les menagoit.] II débarqua,[quoiqu'avec peu d'eſpérance. En effet]Fartillerie de la Ville lui en rendit lapproche éxtrémement difficile;&deus 1
mille Turcs qui ſortirent en même-tems d'une cmbuſcade lui cauſerent que
que dommage. Enfin, perdant tout eſpoir d'exécuter le deſſein qui v'avoli— amené, il prit le parti de l'abandonner.
CETTE explication, tirée de Faria& des autres Ecrivains Portugais, e-toit néceſfaire à la téte du Journal de Caſtro, parce que ne s'attachant poisaux faits hiſtoriques, il ſe borne à de ſimples remarques ſur les lieux. Maon peut dire aufſi qu'il ne manque rien dans ce genre à ſon exacétitude&fidelite. Non-ſeulement il donne les diſtances d'un lieu à autre, avecJatitudes des Ports& des principaux Caps; mais il obſerve les Cõtes,tuation des Hles, la nature des marées, des courans, des écueils, des b2 8de ſable,& toutes les particularités qui appartiennent à la connoiſſance dde la Mer Rouge. Cependant, à ces obſervations nautiques, il joint laſeription des lieux qu'il a viſites,& mêeme celle du Pays, autant qu'il 2 ſes'en inſtruire par ſes yeux, ou par les informations des habitans. II poul-encore plus loin ſon travail, lorfqu'il entre dans un paralelle de la Géogra-phie ancienne de ces Côtes avec la nouvelle. S'il ne réüſſit pas toujonedans cette entrepriſe, il faut conſidérer la diffculté du ſujet. La. plüpan-des anciennes Villes ſont détruites, leurs noms hors d'uſage depuis fort longtems,&''tat préſent de cette Mer meſt pas meme aujourd'hai bien connToutes ces raifons peuvent avoir fait tomber Caſtro dans plus d'une erle 2& rendu ſouvent ſes conjectures fort incertaines. Auffi ne manquerai7e 8d'y joindre quelques éclairciſſemens, en forme de notes(2). On peut tes
2
(*) Angl.„ Nous en indérerons la plus„ joindrons nos remarques. K. d. E.„ grande partie dans les Notes, auxquelles nous