INDES ORIENTALES, Lmw. I. Caar. XVIII. 215
ſable;& comme Peſpace, entre la mer& le pied de la montagne, n'eſt point CAsrso.ſfabloneux, il jugea quelle devoit être la force des vents de traverſe, qui 1541.ſoufflent de 1'Oueſt& de l'Oueſt-Nord-OQueſt ſur cette partie de la Cêôte, poury tranſporter ce ſable à tant de diſtance& de hauteur. Du còôté de'Egypteoppoſé à Tor, il régne de grandes& hautes montagnes qui font face à laCôte pendant ſeize lieués,& qui deſcendent enſuite en s'applaniſſant; maisc'eſt pour ſe relever à la méême hauteur,& pour continuer juſqu'à une lieuéde Suez, où' elles ſe terminent, ou du moins d'où elles prennent un autrecours().DoM JEAN, apres avoir ſoigneuſement éxaminé le flux& le reflux de-puis Tor juſqu'à Suez, ne les trouva pas différens de ce qu'iils ſont dans lesautres parties(p) de cette Mer.„ D'ouù l'on doit juger, dit-il, quelle eſt la Obſervations„ malignité ou ſ'erreur de quelques Ecrivains, qui ont prétendu que les Juifs 1e) Ballaen,„ m'avoient pas eu beſoin d'un miracle pour leur ouvrir un paſſage au travers la Mer 88898„ des eaux, parce qu'il leur avoit ſuffi d'attendre le reffux de la Mer pourtraverſer à ſec d'un côté à l'autre.„LAurEU juge encore, ſur les obſervations qu'il fit à la Côte d'Egypte,qu'il n'y avoit que deux endroits où Pon püt former le Canal de communi-.cation dont j'ai parlé, avec la Mer Rouge: le premier, à l'ouverture des Conjecturesmontagnes, dix-ſept lieués au-delà de Tor,& onze de Suez;'autre, à l'ex- Rtrémité du Golfe, dans le lieu meme ouù Suez eſt ſitube. De ces deux en- Nil.droits, c-'eſt Suez qui lui paroit le plus commode, parce que la terre y eſtfort baſſe, la diſtance du Nil moins grande,& queé d’'ailleurs il y a un fortbon Port, au lieu qu'il ne s'en trouve aucun dans l'eſpace que j'ai nommé.Ajoutez que les montagnes de ce côté de la mer, etant de roc très-dur, il ſe-roit peut-être impoſfſible de les percer. Ces mêmes raiſons firent juger à DomJean, que Suez doit être le Port, où Cléopatre voulut faire paſſer ſes Vaiſſeauxdu Nil, pour ſe ſauver dans PInde.DaäANs le paſſage de Tor à Suez, Dom jean fit trois autres remarques. 10.Que contre ce qu'on a rapporté de Egypte, le Ciel y eſt ſouvent couvert Remarquesde nuées noires& épaiſfes. Cependant il avoue que ſi la Mer de ce côté-là:3J e-eſt accoutumée à produire beaucoup de vapeurs, le Ciel, qui eſt au-deſſus meitahdes terres, peut n'en etre pas moins clair& ſerain; comme il arrive à Lis-bonne, ouù lorſque le tems eſt le plus beau du monde, il pleut à Sintra, quim'en eſt qu'à quatre lieués. 20. Que cette meme Mer eſt ſujette à quamitéèd'orages ſoudains& fort violens; car au moindre ſouffle du vent du Nord,qui régne ordinairement fur cette Cête, la Mer s'enfle& s'agite beaucoup.On ne ſqauroit s'en prendre au peu de profondeur de l'eau, puiſqu'à excep-tion du rivage d'Egypte, qui en a fort peu, tout le reſte de la Còôte eſt ex-etréêmement profond. C'eſt[peut-Stre] auſfſi à la continuité des vents du Norqd,qu'il faut attrihuer le froid pergant qu'il fait pendant la nuit, depuis Tor juſ-qu'à Suecz. L Auteur rend témoignage qu'il n'en avoit jamais ſenti de plus vif.Mais
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(°) Cette peinture des Céötes de Tor& de pas depuis minuit juſqu'à ſix heures du matin,Suez s'accorde à merveille avec la Carte du au Couvent de Saint Paul, qui eſt preſque àDocteur Pocock. l'oppoſite de Tor. Voyez les obſervations du
(p) En 1716, le premier de Juin& le ſe- Docteur Pocock fur 1Egypte, pag. 128,cond jour de la Lune, la marée monta de 110