Loxk.L1SF F.Prolits queles Anglois en
retirerent.
Prodigieuſetéte d'un éle-phant.
Obſervationsde l'Auteurſur l'Afrique.
VOYAGES DESANgrolis dlwox
LàA petite Flotte Angloiſe rapporta, au Port de Londres, plus de quatrecens livres peſant d'or, à vingt-deux carats; trente-ſix barils de poivre deGuinée,& deux cens cinquante dents d'éléphans de différentes gran-deurs. Eden rend témoignage qu'il en mefüra pluſieurs, auxquelles iltrouva neuf pieds(†) de longueur. D'autres avoient 1'épaiſſeur de la cuiſſe d'unhomme,& quelques-unes peſoient quatre-vingt-dix livres. On prétend qu'ils'en trouve en Afrique, qui péſent juſqu'à cent vingt-cinq livres. Il y en a-voit d'une autre ſorte; c-'Etoient des dents de jeunes éléphans, d'un, de deux& de trois ans, dont les unes avoient un pied& demi de longueur, d'autresdeux pieds, ſuivant l'äge de animal. Les plus groſſes dents de'éléphantcroiſſent à la machoire d'en-haut,& non à celle d'en-bas comme la plupartdes Peintres les repréſentent.
Les Voyageurs Anglois rapportèrent auſſi de Guinée la têete entière d'unéléphant, que M. Eden vit chez un Marchand nommé le Chevalier Juddes.Elle étoit ſi groſſe que les os ſeuls& le cràne, ſans y comprendre les dents,peſoient environ deux cens livres; de ſorte qu'au jugement de l'Auteur, elleen auroit dü peſer cinq cens dans la totalité de ſes parties().
[LEs remarques que le Capitaine Lok fit ſur les qualités du Pays& ſur les&habitans ne méritent pas d'etre ici fort étendues.] Les Negres, dit-il, pocêe-dent une grande partie de! Afrigue.[Cette obſervation pouvoit alors êtré fort&nouvelle en Angletere.] IIs s'étendent, ajoute-t'il, juſqu'à l'Océan du côtéde POQueſt;& du côté du Sud, juſqu'au Fleuve Nigritis, ou Niger, qui s'ac-croit& diminue dans les méemes-tems que le Nil,& qui produit les mêmeseſpeces d'animaux, tels que des crocodiles. M. Eden s'imagine que l'Auteurparle ici de la riviére du Sénégal, que les Portugais appellent Sanaga(b),d'autant plus que ce qu'il rapporte des habitans s'accorde avec d'autres témoi-gnages. D'un côté de la riviere, ils font, dit-il, grands& noirs; de l'autre,iIs font bruns& petits.
PENDANT! la nuit, il arrive ſouvent, dans ces régions, que la Lune(i)répand une chaleur ſenſible,[& qui vient d'elle ſi directement qu'on ne peut eas'y méprendre.] On connoit ſi bien, aujourd-hui, ces eſpéces de jets-d'eauqui ſe forment quelquefois dans ces Mers,& qui peuvent foulever un Vaiſſeaujuſqu'à le mettre en danger, qu'il ſeroit inutile de s'arrêèter ici à cette ob-ſervation. IIs étoient connus d' Ariſtote, qui les attribuoit à Pattraction de laLune. Mais à occaſion de ce Phénomene, l'Auteur raconte, d'après RichardChbancellor, qui le tenoit de Sébaſtien Cabot, que vers la Côte du Bréſil, Ca-bot avoit été enlevé, dans ſon Bätiment, par une de ces colonnes d'eau,&jetté aſſez loin dans les terres. LES
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(F) Augl. neuf Empans. R. d. E. b) D'autres ſüppoſent que la rivière de
(g) Le Traducteur a omis ici une deſcrip-tion de'Elephant, qui ſe trouve dans l˙'Ori-ginal; apparemment parce qu'il ſe propoſe dela mettre dans le Volume, deſtiné à traiter de.Hiſtoire naturelle des pays, dont il eſt parlédans ce Recueil; s'il l'oublie, nous aurons ſoind' ſuppléer;& le Lecteur eſt prié de ſe reſſou-venir que nous en ferons de même à l'égard detoutes les autres omiſſions de cette eſpèce, que
nous pourrons lui faire remarquer dans la ſuite.K. d. E.
Gambia eſt la même que le Niger, ou du moinsqu'elle en eſt une branche, mais ſuivant touteapparence ce ſont des rivières différentes..☛i) L'Auteur ſemble croire que les Planet-tes ſont des globes de feu, comme les Etoilesfixes,& pour appuyer ſon ſentiment il cite Pli-ne& ces Paroles du Pſ. CXXI. 6. le Soleil nebrülera point pendant le jour, ni la Lune pen-dant la nuit. Perſonne n'ignore le cas qu'il fautfaire de cette opinion.