On arrive à
a Cate deA-Ote de
Deſcriptionde la Côte.
Rivière deSaint-Vincent.
256 VOYXAGESDES ANgrois ApR
gence, abandonna ſes ancres& prit la fuite. la joignit en moins d'uneheure. Elle portoit quinze hommes, à qui l'on ne fit point d'autre mal quede leur prendre quelques proviſions de vin& de viande fraĩche, qui leur fu-rent payées le double de leur valeur. On apprit d'eux que Rio del Oro n'é-toit plus qu'à douze lieuẽs,& l'on remit aufſi-têt à la voile. Cinq autresCaravelles, qu'on découvrit vers la Côte, prirent aufſi-têt la fuite à la vũedes Vaiſſeaux Anglois.
LE vent fut ſi peu favorable juſqu'au ſeize, qu'on ne fit que quarantelieués pendant ces deux jours. Suivant le calcul des Pilotes, on paſſa cejour-là le Tropique du Cancer. Le dix-ſept on fit 26 lieués, preſque toũ-jours à la vüe de la Côte de Barbarie. Le 18 on en fit trente,&, ſuivantjles Pilotes, on ſe trouva au milieu du jour vis-à-vis le Cap Blanco. Le 22,les Pilotes ſe crurent à la hauteur du Cap-verd. Enfin continuant avec unvent méediocre, on arriva le 12 de Décembre à la vüe des Côtes de Guinée.
Ox tourna aufſi-têt vers la terre,& vers minuit, on jetta l'ancre à deuxlieués du rivage, ſur un fond de 18 braſſes. Towtſon appergut vers la Cô-te une lumière, qu'’il prit pour celle de quelque Vaiſſeau,& ne doutantpoint que ce ne füt un Baàtiment Portugais,[ou François] il employa le e-reſte de la nuit à ſe mettre en état de combattre. Mais il ne vit le matinaucun Vaiſſeau; ce qui lui fit croire que la lumiêre étoit venue du rivage.A deux milles de ſon bord il remarqua quatre rocs, un grand& trois petits.Quoiqu' il eũt fait le meme voyage l'année précédente, il ne reconnut aucu-né marque qui püt lui faire juger du lieu où il étoit; mais il ne ſe crut pointaſſez avancé pour avoir paſſé la riviére Seſto. Toute la Côte eſt baſſe&couverte de fort grands arbres, de ſorte qu’'il n'y avoit point d'autre régleque la latitude.
LE 13 on avanga Eſt-Sud-Eſt, ſans s'écarter plus de deux lieuẽs de la Còte.Elle n'offroit continuellement que des bois,& de grands rochers au long durivage, contre leſquels la Mer ſe briſe avec beaucoup d'écume,& tant deviolence, qu'il n'y a point de barques qui oſent aborder. Par la hauteur duSoleil à midi, on ſe crut à vingt-quatre lieués à l'Eſt de la riviére Seſto. LaCôte paroiſſant plus douce, on jetta lancre à deux mille du rivage, ſur unfond de quinze braſſes. Dans l'aprés-midi,& le jour ſuivant, les Chaloupescherchérent de l'eau fraiche au long de la Côte, ſans en pouvoir trouverjuſqu'au ſoir, qu'elles vinrent annoncer l'embouchure d'une riviere.
LE 15 on employa tout le jour à ſonder, en s'approchant du rivage. Tan-tôt on trouvoit le roc, tantòt un fort bon fond,& jamais moins que ſeptbraſſes. On mouilla l'ancre ſfur ſept braſſes& demie, derriere les rocs quiſont à embouchure méme de la riviére. Quantité de petits bateaux du Pays,conduits chacun par un homme ſeul, s'approchèrent hardiment de la Flotte.On donna du biſcuit aux Négres qui parurent demander quelque choſe;&ce préſent, ou cette aumòne, les ſatisfit beaucoup.
GCrTTE rivieère qui ſe nomme Saint-Pincent, eſt à quatre degrés& demi,&, ſuivant le calcul des Pilotes, huit lieués au de-là de Seſto. Mais elle eſtſi difficile à découvrir, qu'on ne peut la diſtinguer d'un demi-mille; parcequ'ayant vis-à-vis d'elle une chaine de rocs qui ſurpaſſe la largeur de ſon em-bouchure, il faut avancer long-tems entre ces rocs& le rivage avant qu'onpuiſſe l'appercevoir. Elle eſt d'ailleurs fort grande,& elle regoit P.
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