INDES ORIENTALES, LIv. II. CHAr. VI. 285
trois Bätimens. On ſcut de PEquipage que la Foy, en emportoit plus de qua- Towrson.P tre-vingt,[& que le Ventru n'en avoit que vingt-deux.] On apprit encore III. Voyage.que trois autres Vaiſſeaux François, qui avoient été environ deux mois fur 1558.la Cêôte de Mina, étoient partis chargés de plus de ſept cens livres d'or.Towtſon laiſſa quelques-uns de ſes gens pour garder ſa priſe,& continua depourſuivre les deux autres Vaiſſeaux pendant tout le jour; mais il perdit Pef-pérance de les joindre.LE 12 d'Avril, il gagna la rade d'Egrand, ou il fit tranſporter ſur ſestrois Vaiſſeaux toute la cargaiſon du Mulet,& dans cet état il offrit auxFrangois la liberté de le racheter. Mais comme il avoit pluſieurs voies d'eau,loin d'accepter cette offre, ils demandèrent d'etre regus ſur les VaiſſeauxAnglois; ce qui leur fut accordé. On les diſtribua ſur les trois Vaiſſeaux, à II regcoit 1'Ela réſerve de quatre, qui étoient fort malades,& que perſonne ne vouloit Feerecevoir. IIs furent laiffés dans leur Bàtiment, avec peu d'eſpérance d'etre ii un-ſecourus; cependant Towtſon, ſenfible à la pitié, les fit enfin paſſer fur le ſien.QvETeuES Anglois propoſérent de pouſſer leur navigation juſqu'à Benin;mais le plus grand nombre étant d'un avis différent, on prit le parti de s'ar-rêter le plus long-tems qu'il ſeroit poſſible ſur la même Côte,& de ſe diviſerentre Egrand, Perikau& Wamba. Towtſon prit Egrand pour ſon partage;
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&'on convint que s'il paroiſſoit quelque Flotte dont on eùt quelque choſeà redouter, les deux autres ſe haäteroient auſſi-tét de le joindre. Ainſi le Vaiſ-ſeau de Towtſon demeura dans la rade d'Egrand juſqu'au dernier d'Avril.Mais il ſe repentit d'avoir choiſi ce poſte. Tous ſes gens y tombèrent mala- Maladies desdes. Il en perdit ſix,& les Négres, effrayés de leur maladie, n'ofant ap- Anglois.procher de ſon bord, il fut réquit à ne pouvoir commercer que trois fois JaE-femaine avec eux.[Le 3 de Mai la Pinaſſe n'étant point venue à lui, char-gée d'étoffes, comme on en étoit convenu il fut obligé de vendre cellesdes François, le 5 les Négres s'en alléèrent, en promettant de revenir dansquatre jours. Le& il ſe trouva à ſon bord 22 malades,&] enfin, rebuté decette fituation, il ne penſa qu'à rejoindre les deux autres Vaiſſeaux, dont iln'avoit rien appris dans cet intervalle. La fortune ne les ayant pas mieuxtraités, ils réſolurent enſemble de gagner la Ville de Dom Jean, ou d' Equi,dans Peſpérance d'y être plus heureux.Irs partirent le 10 de Mai. Dans les viſites qu'ils firent en divers endroitsde la Côte, ils recueillirent douze livres& quelques onces d'or. Le 19, ils jet-térent ancre à Mawre, odù ils paffèrent deux jours, ſans en pouvoir tirerplus d'une once d'or. Enfin le 21, ils arrivéèrent à la Ville de Dom Jean; Is vont à lamais leurs Chaloupes s'étant préſentées au rivage, il ne parut point un ſeul INégre pour les recevoir. Towtſon,& le Capitaine du Chriſtophe, ſe mirent iudans un Eſquif, avec huit hommes,& cherchèrent eux-mêmes à rencontrerF quelques Négres. Ils en trouvêrent enfin deux,] qui leur promirent d'allerà la grande Ville, pour avertir Dom Jean de leur arrivée. Le 23, les Cha-loupes retournèrent au rivage,& les Négres affurèrent que les Marchands deDom Jean arriveroient le même jour. Cependant on les attendit inutilementjuſqu'au ſoir,& quelques Négres firent même entendre aux Anglois, par desſignes, qu'ils feroient bien de ſe retirer. C'étoit aſſez pour ne ſaiſſer aucundoute qué les Portugais ne fuſſent proches de la Ville. On dut s'en croire en-core plus fürs le lendemain, lorſqu'à l'approche du rivage, les Neégres firentN 3 tom-