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& compoſés de pluſieurs appartemens fort commodes, qui avoient chacun 8 ur T h.leur ſalle,& des balcons pour prendre Pair. Les Magazins etoient au rez-de- 1727.chauſſée,& les logemens faiſoient le ſecond étage. De ſi belles demeurescontribuoient non-ſeulement à la ſarisfaction, mais encore à la ſanté desEuropéens. La Ville étoit ſi peuplée, qu’il étoit difficile à toute heurèe de
marcher dans les rues, quoiqu'elles euſſent beaucoup de largeur. II s'y tenoit
tous les jours des Marchés, bien fournis de commodités d Europe& d'Afri-
que,& d'une grande variété de proviſions. Prêès des Comptoirs de'Europe
on voyoit une grande Place, plantée de beaux arbres, à l'ombre deſquels
les Marchands& les Capitaines traitoient de leurs affaires, comme dans
une eſpèce de Bourſe. Tous ces lieux, avoient été réduits en cendres peu de
jours avant l'arrivée de Smith(a).
LL. E 20 d'Avril 1727, il profita d'un jour fort calme pour retourner à bord. Smith retour-Le Canot étant ſur le ſable, da téte tournée vers la Mer, les Paſſagers y en- ne à bord. Dif.trérent d'abord& s'afſirent à l'extrémité, parce que la plus grande partie de La.—. de ſoneſpace eſt pour les Rameurs Négres, qui ſont ordinairement au nombre P“0se.d'onze ou de treize. Lorſque chacun eut pris place, les Rameurs ſaiſirent unmoment favorable pour lancer le Canot ſur le dos d'une vague;& s'y gliſ-ſant avec beaucoup d'adreſſe, ils manièrent ſi bien leurs rames, qu'avant leretour de la vague ſuivante, ils le mirent hors du danger de ſe briſer contrele rivage. Mais ils n'avoient encore ſurmonté que le premier obſtacle. Avingtcinq ou trente toiſes on trouve une Barre, où la Mer bat avec plus deviolence que contre la terre. IIs ne la paſſèrent pas moins heureuſement. Aude-là de cette Barre, à la diſtance de quarante ou cinquante toiſes, il sS'entrouve une autre, qui eſt beaucoup plus dangereuſe. Les vagues ſont furieuſesdans l'intervalle,& ne font pas moins de bruit que le tonnerre. Cependantles Négres s'y tinrent ferme, prêès d'un quart d'heure, avec le ſecours deleurs rames ou de leurs pelles. Enfin voyant une groſſe vague s'ouvrir tout-d'un-coup, ils firent un mouvement ſi vif, que Payant traverſée, ils n'eurentpas de peine à ſurmonter la ſuivante, qui étoit beaucoup moins haute. Enarrivant à bord, ils ſe trouvérent quittes pour avoir été un peu mouillés;&les Requins, qui les avoient ſuivis, ne furent pas trop contens, dit Auteur,de voir leurs eſpérances trompées.
LE matin du jour ſuivant, on mit à la voile, pour PIſle du Prince, où'on U ſe rendſe propoſoit de prendre de l'eau& du bois. On y arriva le 18 de Mai. Les dans L'Ile duproviſions y étoient fort chéres, mais celle d'eau& de bois cota peu;& Frince.Livingſtone employa le tems, juſqu'au 16, à faire caréner ſon Vaiſſeau. Le20, on paſſa la Ligne. Le 23, on découvrit le Cap Lopez, à la latitude d'undegré du Sud. Ce fut la derniere fois qu'on eut la vꝗe de la Cote d'Afrique.
.Ceſt dans ces Parages que Sir Chaloner Ogle avoit détruit le fameux Roberts,exploit qui lui a mérité la qualité de Chevalier. Mr. Smith avoit vü au Cap-Corſe pluſieurs des Compagnons de ce Pyrate dans les fers.
ArREs avoir parcouru environ quatre degrés au Sud de la Ligne, on tom- Calmes prèsba ſous le véritable vent de commerce,& lon porta à l''Oueſt pendant prês de la ligne.de quatre cens lieués. Enſuite ayant tourné au Nord-Nord-Oueſt, on paſſa
une
&0⁴) Smith, Voyage pag. 190.& ſuiv. 238.& ſuiv.Yyy 2