OCCIDENTALES Dz vAFRIQUE, Lr. IX. CHxr. I. 12
OTE DE Mbare ufage a ceſſé depuis que la Nation trouve plus de profit à vendre ſes ge.Priſonniers de guerre aux Etrangers. Les offrandes ſont préſentées par lamain du Grand-Prêtre, ou du Marbut, qui en partage avec le Roi la meil-leure portion. Le reſte eſt abandonné au Peuple. Jamais le Mahométiſmene s'eſt introduit au Cap-Meſurado“, quoique le titre de Marbut ſemble don-ner lieu de le ſuppoſer. Mais il y a beaucoup d'apparence que les Habitans'ont regu de quelqu'Européen(v).
SNock affuüre que la principale richeſſe du Pays eſt le vin de Palmier. IIl vyeſt bon& dans une extréme abondance(x). Le ris tient le ſecond rangdu Commerce. Les Habitans recherchent en échange, des Bugis, ou des
2 Kowris(y), le plus précieux de tous les biens dans leur opinion.[Pour unemeſure de ce Coquillage, qui ne tenoit pas plus d'une pinte, Phillips pouvoitavoir trente livres de ris.] IIs demandent enſuite des barres de fer,& desétofes rouges. Mais ils n'ont rien d'ailleurs qui mérite l'attention des Mar-chands de' Europe. Leurs dents mêmes d'Eléphans ſont ſi petites& en ſipetit nombre, qu'elles n'inſpirent pas beaucoup d'ardeur pour ce Commerce
2). Tel eſt le témoignage de Phillips.
DES-Marchais prétend néanmoins que le Cap-Meſurado peut fournir an-nuellement quinze cens ou deux mille Eſclaves, quatre ou cinq cens quintauxd'yvoire; du bois de teinture, autant qu'on en deſire;& de l'Or à pro-portion de Pintelligence& de l'adreſſe d'un Chef de Comptoir qui ſeroit char-
gé de cette partie du Commerce(a).LoRsoueE le méême Voyageur eut rejetté les offres du Roi Peter pour un
G-Etabliſſement dans(5) la grande Iſlede Meſurado,[ou il n'auroit point trou- e- veasvé d'eau fraiche,& dont la communication n'eſt point aſſez libre avec la Mer,] Etabliſe, g.ce Prince lui permit de choiſir un autre lieu pour ſon établiſſement. En éxami- ment.nant la Côte, il ne trouva point d'endroit ſi commode que le Cap même. Onvoit en effet, par la Deſcription, qu'un Fort élevé ſur Ia plate-forme du ſom-met, défendroit parfaitement les Vaiſſeaux qui ſeroient à ancre dans la Rade,& qu'en ſe faiſant une route par les Rocs, on ſeroit toũjours mattre de l'eau,&de la communication par Mer, s'il arrivoit que le paſſage fùt coupé par terre. Ses commo-Les frais d'un Etabliſſement de cette nature ſeroient d'autant moins conſidéra- dités. 8bles, que le Pays produit non-ſeulement de l'argile propre à faire des bri-ques, mais de la pierre même& du bois en abondance,& que les vivres yſont à bon marché. Ainſi, à Pexception du vin, de l'eau-de-vie& de lafarine, le Comptoir n'auroit beſoin d'aucune ſorte de proviſion. Le bœuf& le mouton y ſont communs. Le gibier, la volaille, le poiſſon& les tor-tues y foiſonnent. II n'y a point de Riviére qui produiſe tant de Chevaux-Marins. La chair de ces animaux eſt une fort bonne nourriture,& leursdents ſont plus blanches& plus eſtimées que'vvoire(c.).
Cap- Meſu-
ENTRE le Cap-Meſurado& la Riviére de Seſtos, on trouve pluſieurs au- Rivière deunco.tres(v) Des Marchais, ibid pag. I01.(a) Des Marchais, ubi ſup. pag. 114.x) Boſman, pag. 476.(b) Angl. dans l'*Iſle qui eſt à'embouchu-y) Angl. de toutes les choſes qui entrent re de la Riviére: GCeſt ce qui en rend la com-dans le Commerce, c'eſt celle dont ils font le munication moins libre avec la Mer. R. d. E.
ples de cas. R. d. E.(c) Des-Marchais, Vol. I. pag. 115.2) Phillips, pag. 191.
V. Part. C