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Tome cinquième.
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Poiſſon monſ-trueux.

Sa deſcrip-tion.

2.

VvVOYAGESAUILONG DESUGTs

24gulière, ſe trouvent placés fort loin de ſa gueule, près de'endroit où com-mence ſon dos. IIs ſont ronds, gros, rouges, vifs,& couverts d'une pau-pière qui paroit ſans ceſſe en mouvement. Ces yeux ſont au centre d'uneéStoile à ſix raions, de trois ou quatre pouces de longueur, aufſi gros à leurinſertion qu'une plume d'oie,& terminés en pointe obtuſe. Chaque raioneſt compofé d'un cartilage fort dur, aufſi fléxible que ceux de la Baleine. Leméme poiſſon n'a qu'une ſeule vertébre, qui s'étend de la téte à la queué.Ses côtes, qui deſcendent de chaque cêté, ne vont pas plus loin qu'au mi-lieu du dos. II a cinq petites ouvertures, comme autant de petites ouies,au-deſſous de deux plus grandes, qui ont la forme des oreilles humaines,mais ſans étre bordées(X). A F'orifice de chaque ouie eſt une naâgeoire,dont les bords ſe terminent en pointe, comme les atles d'une chauveſouris.Sur le dos, il en régne une autre, qui eſt diviſée en deux parties;(1) lapremière haute de ſix ou ſept pouces; la ſeconde plus haute, mais toutesdeux fort dures& fort pointues. Les pointes de la première diviſion, quieſt la plus courte, ſont alternativement plus baſſes l'une que l'autre. Cellesde la ſeconde diminuent graduellement juſqu'à la qaeué. Cette queuẽé eſt fortgrande,& diviſée auſſi en deux parties, dont celle qui touche au corps eſtcharnue,& l'autre n'eſt qu'une naâgeoire, ſemblable à celle du dos. Sous leventre, il a deux autres nàgeoires de la même nature. Tout ſon corps eſtſans écailles, mais il eſt couvert d'une peau jaune, tachetée de noir, aufſiunie, auſſi douce, auſſi épaiſſe& auſſi forte que du velin. La chair eſt blan-che, graſſe, ferme& de très-bon goũt(m). Les plus gros de ces poiſſons nepéſent pas plus de ſix ou ſept livres(n).

LAurRE eſpéce, qui eſt en fort grande abondance autour du Cap& dansles Rivieères voiſines, eſt beaucoup plus grande que la premiere. Il s'entrouve de deux pieds de long, qui péêſent juſqu'à quinze& dix-huit() li-vres. Les plus gros ont la téte haute d'un pied dans ſa(p) plus épaiſſe par-tie, car elle eſt de forme ovale. Elle reſſemble beaucoup à celle d'une vieillefemme. Le nez eſt gros, les narines rondes, la lévre d'enhaut(q) fortlarge, la gueule aſſez grande,& les dents mal-rangées. Le menton s'avan-ce,& laiſſe un enfoncement aſſez profond entre lui& la bouche. La peauqui tombe de chaque côté au-deſſous, forme un double menton,& ſe jointà la poitrine. Les yeux ſont ronds, grands& rouges. Les ouies fort larges,& défendues par une nâgeoire qui reſſemble à'aile d'une chauve-ſouris. Lecorps eſt rond, mais il diminue(r) par degrés juſqu'à la queus, où il com-mence à s'applatir,& ſe termine par une nâgeoire ſembſable à celle desouies. Pres de la queué il a deux autres nàgeoires, Pune deſſus,& Pautredeſſous; longues chacune d'environ huit pouces. Sa peau eſt brune, rude&

ſans

(*¼) Angl. à l'extrémité. R. d. E.(n) Des Marchais parle des plus gros qu'on(1) Selon la Deſcription de Des Marchais ait pris,& qui n'étoient, peut-être, pas lesces deux diviſions de l'Empennure ne ſont plus gros de l'Eſpéce. R. d. E.

point de hauteur différente; mais les pointes(°) Voyez la Figure.de la première vont en diminuant juſqu'à la(p) Angl.& Des- Marchais, dans ſon plusſeconde, comme celles de la ſeconde juſqu'aà grand Diamétre R. d. E.la queué. R. d. E.(4) Des-Marchais, la lévre d'enhaut ap-

(m) Des Marchais, Vol. I. pag. 121.& platie R. d. E.ſuivantez. b(r) Angl. peu à peu. R. d. E.