OCCIDENTALES pPz vAFRIQUE, Lrv. IX. Cuar. II. 33tance en diſtance, une ſorte de pont, de pieux de Tombo liés enſemble, PAavs IRTV-avec des cordes de chaque côté pour défendre les paſſans contre le danger KIEuas.de tomber dans l'eau. Ces cordes ſont compoſées d'un tiſſu de diverſes raci-nes,& liées à quelques arbres ſur les deux rives.L. E Langage qui a le plus d'étendue dans toutes ces Régions, eſt celui des Langage.Quojas. Cependant les Tims, les Hondos, les Mendos, les Folgias, les Galas& les Gebbes, ont leur Langue particuliére. La plus élégante eſt celle desFolgias, qui ſe nomme par cette raiſon, Mendisko ou la Langue du Seigneur.Les Langues des Galas& des Gebbes différent un peu de celle des Folgias& de celle des Quojas; à peu prêès comme le haut& le bas Allemand diffé-rent enſemble. Les Seigneurs Négres ſe piquent de parler avec élégance,&la font particuliérement conſiſter dans les comparaiſons& les allégories,qu'ils appliquent aſſez heureuſement.ILs ne diviſent pas le jour en heures. IIs connoiſſent le milieu de la nuit 8gà cing étoiles, qu'ils appellent Mouja-ding,& qui paroiſſent avec les Pléia- connoidentdes à la téte du Taureau(g). minuit.
LEs cérémonies de leurs Funérailles reſſemblent beaucoup à celles dont on Circonſtan-a déja vü la deſcription dans d'autres Pays. Cependant il s'y trouve des cir- ces Epconſtances différentes. Lorſque le corps eſt bien lavé,& les cheveux treſſés rales. 0fort proprement, ils placent le mort debout, en le ſoũtenant avec des ap-puis. Ils le revétent des meilleurs habits qu'il ait eu pendant ſa vie, ou donton lui ait fait préſent depuis ſon trépas. IIs lui mettent ſon arc dans unemain,& dans l'autre une fléche. Alors ſes plus proches parens& ſes amisfont avec leurs fléches une eſpéce d'eſcarmouche, qui dure aſſez long-tems.
Enſuite ils ſe mettent à genoux autour du corps, en lui tournant le dos;&
d'un air irrité ils tirent leurs fléches devant eux, pour déclarer qu'ils ſont
préts à tirer vengeance de tous ceux qui éõſeroient parler mal de leur ami,
ou qui auroient été capables de contribuer à ſa mort. Apréès cette formalité, Eſclaves ſa-ils étranglent quelques Eſclaves qui lui ont appartenu, en leur recomman- crifies.
dant de le ſervir fidellement dans l'autre Monde. On a pris ſoin aupara-
vant de traiter ces malheureuſes victimes avec tout ce que le Pays produit
de plus délicat.
D’uN autre côté, toutes les femmes qui ont eu quelque liaiſon avec celledu Mort, ſe rendent auprès d'elle,& ſe jettent à ſes pieds en répétant,Byune; c'eſt-à-dire, conſolez-vous, ou, eſſuyez vos larmes.
ENxFIN le corps eſt placé ſur une planche, ou ſur une petite civièére,& 3 Ceérémoniesdeux hommes le portent ſur leurs épaules au lieu de ſa ſépulture. On jette 88 la ſepultuavec lui, dans la foſſe, les Eſclaves qui ont été ſacrifiés, les nattes, les chau-drons, les baſſins,& les autres uſtenciles dont il faiſoit uſage. On le couvreCune natte, ſur laquelle on jette aſſez de terre pour arrêter l'infection del pourriture. Les parens élévent auſſi-tét une petite Cabane, au deſſus du
E tombeau,[pour le garentir de la pluye]& plantent au coin qu toit une pe-tite verge de fer, à laquelle ils ſuſpendent les armes du Mort. Si c'eſt une& femme qu'on ait enterrée, ils y attachent, au-lieu d'armes, les baſſins,[&les gobelets] dont elle ſe ſervoit. Pendant plaſieurs mois, ils apportent cha-que
(&) Barbot, pag. 119.V. Part. E