OCCIDENTALES bzr UvAFRI2UE, Lw. Ix. CMar. II. 39
lorſqu'ils ne voyent point arriver les Vaiſſeaux de l'Europe, ils interrogent PAvs INTFleur Jannanin pour ſgavoir ce qui les arréte,& s'ils apporteront bien-tOt des XIEuaAs.marchandiſes. Enfin leur vénésration eſt extréême pour les Eſprits des Morts.Is ne boivent jamais d'eau ni de vin de Palmier, ſans commencer par en ré-pandre quelques goutes à l'honneur des Jannanins. S'ils veulent aſfdrer la vé-rité, c'eſt leur Jannanin qu'ils atteſtent. Le Roi même eſt ſoũmis à cette Su-perſtition;& quoique tonte la Nation paroiſſe pénétrée de reſpect pourKanno, le culte public ne regarde que ces Eſprits. Chaque Village a dansquelque bois voiſin un lieu fixe pour les Invocations. On y porte, danstrois différentes ſaiſons de l'année, une grande abondance de proviſions pourla ſubſiſtance des Eſprits. Ceſt-là que les perſonnes affligées vont implorerPaſſiſtance de Kanno& des Jannanins. Les femmes, les filles& les enfans,ne peuvent entrer dans ces bois ſacrés. Cette hardieſſe paſſeroit pour un ſa-crilége. On leur fait croire, des l'enfance, qu'elle ſeroit punie ſur le champ parune mort tragique.
LEs Quojas ne ſont pas moins perſuadés qu'ils ont parmi eux des Magi- Différentesciens& des Sorciers. IIs croyent avoir auſſi une eſpece d'ennemis du genre vortes de Lorhumain, qu'ils appellent Savas- Munufin, c'eſt-à-dire, Empoiſonneurs& ſu- üvr eigs 23Ceurs de ſang, qui ſont capables de ſucer tout le ſang d'un homme ou d'un 8animal, ou du moins de le corrompre,& d'y jetter la ſemence des plus dan-gereuſes maladies. Ils croyent avoir d'autres Enchanteurs, nommés(*) Bil-
Zis, qui peuvent empécher le ris de croitre ou d'arriver à ſa maturité. IIsCroyent que Sova, c'eſt-à-dire, le Diable, s'empare de ceux qui ſe livrent àFpexcés de la mélancolie,[ou qui dans les mouvemens de quelque déſeſpoir,renoncent à la ſociété des autres hommes& ſe retirent dans ſes Forêèts,&que là] il leur apprend à connoitre les herbes& les racines qui peuvent ſer-vir aux enchantemens; qu'il leur montre les geſtes, les paroles, les grima-ces,& qu'il leur donne le pouvoir continuel de nuire. Auſſi la mort eſt- ellela punition infaillible de ceux qui ſont accuſés de ces noires pratiques. Les Combien ilgQuojas ne traverſeroient point un bois ſans être accompagnés, dans la crain- les craignent-Pteée de rencontrer quelque Billi(t),[occupé à chercher ſes racines& ſes plan-tes,] ils portent avec eux une certaine compoſition, à laquelle ils croyent lavertu de les préſerver contre Sova& tous ſes Miniſtres. Les hiſtoires qu'ilsen racontent ſont d'une extravagance achevée. 882S1 la mort de quelqu'un eſt ſoupgonnée de violence, on ne lave point le—corps fans avoir fait d'exactes recherches. On commence par faire un paquet qu'on ſoup-de quelques morceaux des habits du Mort, auxquels on joint les rognures gonne de vio-de fes ongles& quelques boucles de ſes cheveux. On ſouffſe deſſus de la pou- lence.dre de Mammon ou de Cam rapé. Le paquet eſt attaché à la biêère du Mort,que deux Négres portent ſur la Place publique. Là, deux Prétres, qui leprécédent, en battant deux haches l'une contre l'autre, demandent au corps,dans quel lieu, dans quel tems,& par la méchanceté de qui il a perdu lavie,& ſi Kamo I'àa pris ſous ſa protection. Lorſque''Eſprit du Mort leura fait entendre(v) par divers mouvemens qu'ils prétendent reſſentir, 82-c'e
(5) Angl. Pilli. R. d. E.(v) Angl. par certains mouvemens qu'’il(*) Angl. auſſi- bien que quelques bêtes féC. donne, à ce qu'ils prétendent, à la téte deroces. R. d. E. ceux qui ont apporté le Corps. R. d. E.