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CôTE p'On.GEockAPHIE.
Opper Koop-man, ou Chefdu ComptoirHollandois.
Ses profits.
Mont Manſro.
Ville deJean Konny.
Mont Mans-ro, ou Mant-fort. 1
Fort deFré-déricsbourg,& ſes Fortifi-cations.
mépriſable,& les écdifices intérieurs ſont d'une beauté ſinguliere(J). Bar-
100 VOYAGES AU LONGDES COÖGTES
L’OrPER KooPMAN, ou le Chef du Comptoir d'Axim, eſt le principalOfficier de cette Contrée, apréès le Gouverneur général de Mina. II g'at-tribue tous les droits de l'autorité ſouveraine. II juge les cauſes des Né-gres. II regoit les amendes& les diſtribue aux perſonnes intéreſſées, enprélevant ſes propres droits, qui ſont toũjours conſidérables. Qu'un Négreſoit condamné à cent ivres d'amende, ſes droits montent aux deux tiers,&le reſte eſt pour'aſſemblée des Kabaſchirs. Mais dans les cas de meurtre,de vol ou de dette, les trois quarts de la ſomme appartiennent à l'accuſa-teur,& le dernier quart tourne au profit du Facteur ou des Kabaſchirs, qui.le diviſent en trois parts, deux pour le premier,& la troiſieme pour les au-tres. Les pécheurs payent aufſi le huitiéme de leur pêche; ce qui produitencore une ſomme aſſez conſidérable au Facteur(t).
TRofs lieués à'Eſt du Fort Saint Antoine, on trouve le Mont Manfro,près duquel eſt un Village nommé Pockeſo, grand& bien peuplé, dont leChef ou le Capitaine étoit alors connu ſous le nom de John ou Jean. Cet-
te habitation eſt la méme qu'Atkins nomme la Ville de Jobn Konny. II la
place à trois milles du lieu de P'Aiguade. Elle eſt grande, dit-il,& batieaufſi proprement que les maiſons de Village au Nord& à l''Oueſt de l'An-gleterre. Chacun a ſes Cocotiers autour de ſes édifices. Luſage du Peupleeſt de s'aſſeoir dans les rues pour vendre des noix de cocos, des limons, dublé d'Inde,& du kankey, qui eſt une ſorte de patiſſerie. Elle eſt compo-ſée de blé d'Inde que les femmes pilent d'abord dans un mortier. Enſuite ymélant un peu d'eau& de vin de Palmier, elles recommencent à le broyerencore ſur une grande pierre, qu'on voit pour cet uſage a la porte de cha-que maiſon. On diviſe cette pate en gàteaux, qu'on fait cuire à l'eau ouſous la cendre,& les Voyageurs affürent que c'eſt un aliment fort agréable& fort nourriſſant(v). 8
LTE Mont ou la Colline Manſro eſt un lieu fort commode pour un Fort,par ſa ſituation, qui eſt près de la premiere pointe du Cap Tres-Puntas(x).Ceſt-là que les Brandebourgeois ou les Pruſſiens ont leur principal établiſſe-
ment, nommé Predéericsbourg, qui eſt grand& bien bâti, avec quatre batte-
ries montées de 46 canons; mais dont la groſſeur ne répond point à l'im-portance du lieu. La porte eſt une des plus belles de toute la Céte. Ce-pendant on lui reproche d'être trop grande;&'on peut appliquer ici, ditAuteur, ce qu'on dit comme en proverbe aux Bourgeois de Minde:„N'ou-„ bliez pas de fermer vos portes, de peur que votre Ville ne s'enfuie„-Du côté de PEſt, Frédéricsbourg eſt revêtu d'un fort bel Ouvrage extérieur,qui contre Pintention méme de fes Auteurs, ſert à rendre la Place plus foi-ble, parce qu'il peut 6tre pris fort aiſément. Mais le plus grand défautdu Fort, eſt que jes parapets ne ſont pas plus hauts que les genoux; ce quiexpoſe ſes défenſeurs à tous les coups du dehors. On ne peut approcherdes batteries du cõôté de la Place ſans ſe trouver tout-à-fait à découvert,&preſque tofjours à la portée du mouſquet. Le reſte des ouvrages n'eſt pas
bot
(*) Barbot, pag. 450.& Boſman, pa.7.(r) B. n. ſup.(v) Atkins, pag. 77.„ Pz8(*) Barbot, abi ſup
(v) Boſman, ubi- ſup.