CoTrr D'OR.GEOGRAPIIE.
Querelle deJean Konny,ou KommainavecC les Hol-landois.
ſean Konnyrecoit bienles Frangçois.
Avantagesde la fituationde Frédérics-bourg.
Vuͤes de laCompagnie deFrance.
VvOYAGES AULONGDES COTES
Cap Très-Puntas. II 2joũte qu'en 1719(²), cette Place fut attaquée par les
follandois de Mina, qui avoient embarqué toutes leurs forces fur trois grands
Vaiffeaux qui leur ſervoient de garde-Côtes. IIs allérent mouiller devant leFort,& débarquerent d'abord quelques Officiers pour conférer avec le Roiſur un droit de vente qu'ils s'attribuoient. II produiſirent même le contratqu'ils avoient avec les Pruſſiens. Mais le Prince Négre leur répondit qu'ilconnoiſſoit peu ces ſortes de marché; que les Pruſſiens lui avoient fait préſent duFort,& m'avoient d'ailleurs aucun droit ſur une Place baâtie dans ſes terres;enfin qu'il étoit réſolu de la conſerver pour les Frangois& de n'avoir rien àdéméler avec les Hollandois. La conférence étant ainſi rompue, les Hollan-dois s'approchéerent du rivage,& commencérent leur attaque par une furieu-ſe canonade. Enſuite leur Commandant, qui etoit le Gouverneur de Mina, fitune deſcente à la téte de ſes troupes. Il fut regu de bonne grace par le RoiNéegre, qui lui tua cent cinquante-cinq hommes,& qui forga le reſte de ſerembarquer. Le Gouverneur même& le Commandant de la blotte revinrentdangereuſement bleſſés. Pendant'attaque, un Vaiſſeau Frangois nommé laprinceſſe de Rochefort, commandé par le Capitaine Morel, étoit à l'ancredans la Rade. II s'approchà du rivage, aprês le départ des Hollandois,& futcivilement regu par le Roi, qui Ilui offrit le Fort& ſa protection. IIs convin-rent par un Traité formel, qu'il y reſteroit huit Frangois, avec l'Enſeignede leur Nation, en attendant l'occaſion d'y former un meilleur Stabliſſement.Mais Morel étoit d'un caractéère timide, qui lui fit craindre d'abandonner ſixhommes à la diſcrétion des Négres. Aufſi-tôt qu'il fut retourné à bord, il pritle parti de remettre à la voile.
Dvs-MAkcHAIs prétend que la ſituation de Frédéricsbourg eſt une des plusavantageuſes de toute la Côte. Lancrage y eſt bon& le débarquement facile.Ilwy apoint de barre qui ferme l'entrée de la Riviére. Le climat eſt ſain, lePays riche& bien cultivé. Quoique les Habitans excellent à plonger,& qu'ilsacquieérent beaucoup d'Or par cette méthode, ils n'en ſont pas moins laborieuxpour la culture des terres. Outre le Commerce de*'Or, qui eſt fort conſidéra-ble, ils éxercent celui de † Vvoire& des Eſclaves. Une autre de leurs richeſſeseſt le Sel, que leurs femmes font dans leur tems de loiſir. Le Gouvernementdu Pays eſt bien réglé,& les Négres ont des principes d'humanité& dejuſtice. En un mot(†) leur Commerce n'a pas moins d'agrément que d'utilité.
TPovrTys ces raifons font conclure à'Auteur, qu'il feroit fort important
pour les Colonies Françoiſes que leur Nation poſſédat le Fort de Frédéricſ-
bourg. Il ajote que, dans la même perſuaſion, les Directeurs de la CompagnieFrançoiſe ordonnèrent au Capitaine d'un Vaiſſeau qui faiſoit voile pour cetteCôte, d'y laiffer une garniſon& des marchandiſes propres au Commerce.Mais cet Officier perdit ou négliga'occaſion d'exécuter cet ordre. A ſon re-.tour, il apporta pour excuſe qu'ayant manqué le Cap, les vents& Couransne lui avoient pas permis de regagner cet avantage apréès l'avoir perdu. LesHollandois ont été plus attentifs à leurs intéréts. Loin d'etre découragés par
leurs
8) U y a une faute dans la datte de cet ce du Cap Trés-Puntas eſt d'un avantage mé-gvénement, ou dans celle du précédent. diocre, parce que les Habitans ſont trom-(F†) Barbot dit au contraire que le commer- peurs& qu'ils altérent-'Or.