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Tome cinquième.
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& leurs trom-

Situation&forme du Fortde Dickſcove.

Ses agran-diſſemens.

Sa Baye.

10%H vOYAGES AU LONG DE;S C5TELIS

de ſix ans; ce qui n'empéchoit point qu'il ne fut ſi peu conſidérable, qu' pei-

Pe

ne méritoit-il le nom de Fortereſſe. L. Auteur ſe rappelle d'avoir entendu fou-Slaintes des Anglois, qui n'y trouvoient pas beaucoup d'avamagesle Commerce,& qui accuſoient jes Habitans d'autant de mauvaiſe foif ité& de barbarie. Si l'on prétend les ſoümettre par la violence,iis ſcavent l'employer auf 1 pour la repouſſer;& depuis quatre ou cinq ans,

on d'emporter le Fort par un ſiége.A la fin ils ont réduit! er, ou du moins à les laiſſer li-bres,& cette convent produit entr'eux une ſi étroite alliance qu'ils s'u-niſſent à préſent

les Marchands Etrangers, en altérant l'Or qu'ils

leur vendent. Cette fraude s'éxerce ſur les Anglois mémes, comme il eſt ar-

rivé depuis peu à deux petits Batimens de cette Nation, dont l'un changea ſacargaiſon, qui Etoit d'environ dix-ſept cens livres ſterling, pour une groſſequantité de faux Or, qui lui fit perdre tout le fruit de ſon voyage. Lautrene fut guêres mieux traité;& ce qu'il y a de plus étrange, c'eſt que lesAnglois du Pays eurent autant de part à cette friponnerie que les Négres.Elle eſt devenue ſi commune, qu'on en voit chaque jour des éxemples. Mais' Auteur ne dit pas que les Anglois y ſoient toũjours mélés. Cependant ilcroit que pour Pinſtruction des Marchands de' Europe, on devroit appellerce lieu la fauſſe monnoie de Afrique. On y pouſſe'infidélité juſqu'à l'hono-rer du nom de Commerce, qu'elle doit porter en effet, puiſque du tems de'Auteur la valeur regue de douze livres ſterling en faux Or étoit un écu enOr véritable(p).

BARBOT dirt que le Fort Anglois de Dickſcove eſt ſitué deux lieués à'Eſt deDorothea; qu'il eſt ſur le bord de la Mer,& que ſa forme eſt quarrée. II eſtbati de pierre& de ciment. Ses deux baſtions, qui font ſa principale force,ſont montés de douze piéces de canon. On y a pratiqué une citerne pour'eaude pluie. La garniſon eſt ordinairement compoſée de ſeize Blancs,& dequatorze Gromettes, qui ſont aux gages de la Compagnie(4).

EN 1726, Dickſcove avoit changé de face, puiſque Smith le trouva revètuge fortifications belles& réguliéres, avec quatre batteries montées de vingtcanons. Ce Fort, comme tous ceux de la méême Còôte, eſt ſubordonné auChäteau du Cap Corſe. Les Commandans de ces petits Comptoirs fortifiés,ont droit de porter le pavillon de Saint-Georges, qui eſt d'argent à croix degueule; au-lieu que celui des Gouvernemens Généraux, à Jamesfort ſur laGambra, à Sierra Léona, au Cap Corſe& à Juida(r) eſt le pavillon de(5)PUnion. Les deux Villages qui ſont prês de Dickſcove ont pour Chef unKabaſchir, qui arbore auffi le pavillon de Saint-Georges ſur ſa maiſon lorſ-qu'il le voĩt fur le Fort, pour faire connoitre l'affection qu'il porte aux Anglois.

LàA petite Baye, ou plütòôt l'anſe de Dickſcove, eſt également commodepour l'ancrage& pour le débarquement. Le Fort a pluſieurs jardins, où Tagré-

ment& l'utilité ſe trouvent réunis(t). 1(°) II Ecrit en 1702. Whidaw,& les Hollandois le nomment Fida.(p) Boſman, pag. 14.(g) Geſt le Pavillon de la Compagnie.(4) Barbot, pag. 433- R. d. TP.

8 r) Les Anglois appellent cet endroit(t) Smith, peg. 119.