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Tome cinquième.
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OCCIDENTALES pPE vY'AFRIQOUE, Lw. IX. Cusr. IV. rar

s'imaginer quelle eſt à préſent(&) ſa foibleſſe. II n'y reſte pas cinquantehommes capables de porter les Armes. On ne trouve point un Village ſur laCOte d'Or, qui n'ait ſervi de retraite à quelques Habitans de Mina;& la tiran-nie des Gouverneurs Hollandois paſſe pour la principale cauſe de cette diſper-ſion. Lorſque Boſman arriva pour la première fois ſur cette Còte, il comptoitſouvent juſqu'à cinq& ſix cens Canots, qui ſortoient le matin pour la péche;au-lieu que les années ſuivantes, il voyoit à peine la ſixieme partie de ce nom-bre;& ce reſte de Peuple lui paroiſſoit miſérable(5). La Ville de Mina, oud'Oddena, eſt ſituée(¹) fur la Riviêre de Benja, dans une longue& baſſe Pé-ninſule, qui a l'Océan au Sud, la Riviére au Nord, Commendo à l'*Oueſt;& le fameux Chaâteau de Saint George de Mina, à'Eſt. Elle eſt fortifiée, versCommendo, par un gros mur de pierres de Roc, avec un large foſſẽ,& quelquespieces de canon ſur Ia porte. Ce mur commence au rivage de la Mer,&s'étendjuſqu'à la Riviêre de Benja, qui ſépare la Ville& le Chãteau du mont SaintJago. Ceſt ſur ce mont que les Hollandois ont baâti le Fort de Conradſ-bourg, dans une ſituation qui commande également le Château& la Ville().

LEs Neégres de Mina ſfont bien-faits& robuſtes. Ils ont l'humeur guerriére;& pancienne familiarité dans laquelle ils vivent avec les Blancs les a rendusles plus polis de tous les Négres de la Cõte d'Or. Leurs occupations ordinai-res font la péche, le Commerce& l'agriculture. Barbot remarque, commeBofman, qu'avant les infortunes qui ont ruiné leur Ville, on voyoit ſor-tir en Mer au lever du ſfoleil, ſept ou huit-cens Canots, dont chacun n'a-voit pas moins de trois ou quatre rameurs. IIs reviennent à midi avec leurpêche, dont ils payent le cinquiéme aux Officiers de Hollande. Leur Com-merce s'étend par Mer au long de la Côte, juſqu'à Juida. IIs ne manquentpas d'adreſſe pour altérer 1'Or,& Fon prétend que cet art leur vient des Por-tugais. On trouve parmi eux des Fondeurs& des Orfévres, qui font avecbeaucoup de propreté de petits bijoux d'Or, des boutons maſſifs ou en filigra-me, des bagues, des chaines, des poignées d'épée& d'autres ornemens cu-rieux. IIs ſgavent auſſi fondre le verre& lui donner toutes ſortes de formes(!).

Là Ville eſt longue. Elle eſt compoſée d'environ deux cens maiſons, toutesbaties de pierre de Roc. Mais les rues ſont étroites, irrégulières,& fort ſalesdans la ſaiſon des pluies. La plüpart des maiſons n'ont qu'un étage; cepen-dant il s'en trouve de deux& de trois, toutes ſi bien peuplées, que dans letems dont parle l'Auteur, ony comptoit ſix mille Habitans, ſans y compren-dre les enfans& les femmes, qui devoient être en fort grand nombre, puiſ-que ſuivant l'uſage de Guinée, la polygamie eſt dominante dans le Pays(m).

TRoHxs parties, qui diviſent la Ville, la feroient prendre pour autant de Vil-lages différens. Chaque partie eſt gouvernée par un Chef particulier, que lesNégres appellent Braffo. Il a pour aſſiſtans un Kabaſchir(n)& quelques

Officiers(g) En 1701. gais,& mortels ehnemis des Hollandois.(b) Boſman, pag. 43.&.Les Négres étoient robuſtes, bien propor-(i) Barbot, pag. 442. tionnés,& fort adroits à manier non-ſeule-(*X) Le même, pag. 156. ment les dards& les fléches, mais auſſi toutes(1) Le méême, ibid.& pag. ſuiv. ſortes d'autres armes.] Ubi ſup. Part. VIII.(m) En 1600, ſuivant Artus, il y avoit dans pag. 117. 3

la Ville ſept cens Négres, dévoués aux Portu-(n) Dans l'original, c'eſt Cabocciro.

V. Fart. 2

Côre D'Oa.GEocRhAPHrz.

Sa ſituation.

Fort de Con-radsbourg.

Ancienneſplendeur deMina.

Ses Arti-ſans.

Ses édifices-

Son gouver-nement.