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Tome cinquième.
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VOYAGES088ö8 coTIS

Cêrg p'Oau. la Mer. Ses fortifications ſont bien imaginées,& l''art a tiré tout le parti poſ-“ fible de lac ltion'i dd Rocher. On y entre par une portée grande& bien ne, qui fait face à la Ville,& d'où l'on tombe auffi-têt fur laparade quarrée, dans laquelle on péeut ranger tacilement quatrée ou cinq censhommes& les éxercer. Ses quatre baſtions communiquent de l'un à l'autrepar un chemin-couvert;& la chamne eſt une belle batterie de quimze pieces, qui

Nombre to- ſont p 121 A

es aſſez bas pour commander la Rade(c). 8r1de Fartille- toute Partillerie du Chateau(d) conſiſte en quarante groſſes piéces,[ſans vys

ith obſerve que

comprendre les demi-couleuvrines. Phillips en comnombre, dont la plüpart, dit-il, ſont de fonte. II aj que la Garniſon eſtordinairement compoſée de cent hommes( Suwvant Barbot, elle eſt decent Blancs,& du même nombre de Négres, avec leurs Officiers reſpectifs,tous vétus de rouge& payés par la Compagnie(F†). Phillips ne nommequ'un Officier Militaire, qui commande la Garniſon ſous les Agens,& quiporte le titre de Capitaine, quoiqu'il ne ſoit que le Lieutenant du Chateau.Chaque nuit la porte ſe ferme à huit heures. Elle eſt gardée(g) régulié-rement,& la garde prend le mot du guet du principal Facteur.

à-peu-près le méme

Etat de la MaALcCRE tant de témoignages, qui repréſentent avantageuſement la Gar-Garniſon. niſon, Boſman s'efforce d'en faire prendre une idée fort différente. Aprés

avoir décrit la force& la beauté de la Place, il ajoũte que la milice y eſttonjours dans un état miſérable,& moins capable d'inſpirer la terreur que laitié. Il en donne pour raiſon la facilité que les Anglois ont à recevoir lesDöéſerteurs Hollandois, par un faux principe de bonté, qui eſt, dit-il, uneE infraction ouverte des Articles. D'ailleurs ils trouvent de Pavantage, con-göJr 98 tinue-t-il, à recevoir des yvrognes, qui employent leur argent à boire du8n Pounch, liqueur tres-mal-ſaine, ſur laquelle pluſieurs de leurs Agens font unprofit d'autant plus conſidérable, qu'ils la vendent aux ſoldats ſe double deſon prix. Ceux qui font peu de dépenſe(b) peuvent compter d'être bienbattus; car, ſi on en croit Boſman, les Agens s'embarraſſent peu ſi leursſoldats ont aſſez de conduite pour employer leur paye à ſe bien nourrir,pourvũ qu'ils en achetent du Pounch; déſordre néanmoins qui fait périr unepartie de la Garniſon,& qui donne au reſte l'air d'une troupe de Mendians.Mais'Auteur en eſt d'autant moins ſurpris, que la plüpart des Agens méè-mes& des Facteurs meurent d'un excès de gourmandiſe ou(i) d'vrogne-rie. Au reſte, Smith ne fait pas plus de grace que Boſman à ſes Compatrio-.tes,& les accuſe d'abréger leur vie par l'uſage continuel des liqueurs fortes.[LE Chateau eſt ſitué ſur un Cap rond, qui s'avance dans la Mer vers leSud-Sud-Eſt;& comme il eſt environné de ce còôté, auſſi-bien que de celuidu Sud- Queſt, par pluſieurs Rocs contre leſquels les flots viennent ſe briſer,Ruyter ſere- il eſt preſque inacceſſible par l'un& l'autre de ces endroits.] En 1665, Ruy-bute de ratta- ter ayant obſervé qu'il n'y avoit qu'une longue pointe de ſable pour débarquerque du Cap- au Cap-Corſe[, où cent Hommes pourroient en repouſſer mille,]& que ſi

le Chaͤteau ſe deffendoit ſeulement trois jours, on pouvoit leur couper l'eau&les(c) Phillips, pag. 204.(g) Phillips, ubi ſup.(d) Smith, pag. 128.(5) Boſman, pag. 49.() Phillips, ubi ſup.(i) Boſman, ibid.(F) Barbot, pag. 170.