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Tome cinquième.
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138
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IVI

138 VOYAGES AU LONG DES COTLES

PRES de la porte eſt un Donjon, ou l'on renferme les meurtriers, les trasstres& les autres criminels, en attendant occaſion de les, faire tranſporteren Angleterre, pour y être jugés ſuivant les lIoix(7.). G

ENFIN, ſous la plate-formée, on a taillé dans le Roc une grande voũte,

pour y renfermer les Eſclaves. Ce lieu eſt[vouté&] divifé en pluſieurs lo*

ges, qui contiennent juſqu'à mille hommes. On ne pouvoit rien imaginer deplus heureux pour ſe garantir du ſoulevement des Eſclaves. Une grille defer, qui eſt fur la furface de la voſté, lui donne de'air& de la lumiere;mais la multitude de Vaiſfeaux, qui abordent ici pour le Commerce, ne leurlaiſſe guéres le tems de s'ennuyer dans ce ſéjour. IIs ont tous'paule droitemarquée, avec un fer chaud, de ces deux lectres, D. v., qui ſignifient,Duc d' Torck()..

LàA Chiterne, fur laquelle on a placé une batterie, ne contient pas moins(t)de quatre-cens tonneaux. Ceſt un quarré-long taillé dans le Roc,& terraſſépar-deſſus, avec des degrés commodes pour y deſcendre. Elle eſt remplied'eau de pluie, qui ſuffit non-ſeulement pour la proviſion du Chateau, maisſouvent pour le beſoin des Vaiſſeaux de la Compagnie. Lorſqu'il commenceà pleuvoir, on bouche ſoigneuſement tous les tuyaux qui aboutiſſent à laCiterne,& les Eſclaves Négres ſont employés à laver la ſurface du Chãteau.Aprés une heure de pluie, qui emporte ordinairement toutes les ordures, onouvre- les paſſages;& les pluies ſont tofjours ſi longues& ſi abondantes, quela Citerne ne tarde guères à ſe remplir. Le deſſüs eſt ſi-bien vouté(v) qu’'ilforme une promenade fort agréable au long de la batterie(†). Atkins re-marque que le pavé du Château panche de toutes parts vers la Citerne(y).

LE licu du débarquement, ſuivant Barbot, eſt ſous la. Fortereſſe, dans unepetite Baye, à'Eſt, ou le rivage eſt ſans Rochers,& d'un ſable plat, ſurlequel les Canots des Négres gliſſent ſans danger. Le chemin conduit au longdes murs jufqu'à la principale porte, qui regarde l'OQueſt-Nord-Oueſt, c'eſt-àA-dire la terre. Elle ma ni foſſé, ni pont-levis, ni herſe;& ſa ſeule deffenſeconſiſte dans les deux Baſtions qui font du même côté,& dans une petitebatterie de ſix piéces.

SMITH affüre que le lieu du débarquement eſt ſi dangereux, qu'il n'y a-point de Barques qui êſent s'approcher du rivage,& qu'elles ſont obligéesc'attendre que les Canots viennent prendre les paſſagers&. les marchandiſes.Il arrive mème aſſez ſouvent(½) que les Canots ſont renverſés dans le paſſa-ge. Le lieu du mouillage eſt à deux milles de la terre. Grenbill trouva par de.fréquentes obſervations, en 1600, que la variation étoit de vingt degrés,quatorze ſecondes, Oueſt. En pleine Lune, la direction de la marée eſt iciau Sud-Sud-Eſt,& le reflux au Nord-Nord-Oueſt. Dans les marées vives,peau s'éleve de ſix ou ſept pieds,

LEr ſalut qu'on éxige, au Cap-Corſe, de tous les Vaiſſeaux, qui viennentmouiller dans la Rade, ne conſiſte point dans une décharge de leur artillerie,

ma8.Cr) Phillips, pag. 207. qui ſont ſur les Batimens.- 8.(§) Atkins, ubi ſup.. 2(x) Phillips, pag. 2044(*) Barbot dit qu'etlle ne contient que trois-(Y) Atkins, ubi ſuh.cens tonneaux. Atkins a dit cent.(2) Smith, pag. 128*

(v) Barbot dit que Feau vient des plombs-