OCCIDENTALES DzYAFRIQOCE, Lw. IX. CuAr. IV. 148
galerie; d'ouù la vüge étoit aſſez belle du cêté de la Terre& de la Mer. Lesvents du Sud-Oueſt y faiſoient régner pendant tout le jour une fratcheur quiétoit quelquefois exceſſive. Mais cette raiſon même rendoit le ſéjour du Fortbeaucoup plus fain que celui du Cap-Corſe. Les Danois y avoient ordinaire-ment une Garniſon de vingt Blancs,& le même nombre de Gromettes. Ona tojours obſervé que malgré'avantage du bon air, ils perdoient beaucoupplus de monde que les autres Européens de la Côte. L'Auteur en trouve laraiſon dans les liqueurs fortes, pour leſquelles ils ont encore plus de paſſionque les Anglois du Cap-Corſe. Largent leur manque ſouvent pour acheter desproviſions,& l'eau-de-vie eſt alors toute leur reſſource. Les femmes Danoiſesne vivent pas plus long-tems à Frédéricksbourg. Elles y ſont ſujettes à despertes de ſang prodigieuſes.
LE meilleur ancrage, à Manfro, eſt au Sud du Fort, ſur treize ou qua-torze braſſes d'un excellent fond. Mais les Anglois du Cap-Corſe prétendentque cet endroit eſt renfermé dans leurs limites. Le lieu le plus commodepour le débarquement, eſt le cêté Eſt de la Colline. Cependant les Barquesſont obligées de demeurer à l'ancre, hors des Rochers, pour attendre les Ca-nots, qui viennent prendre les Paſſagers& les Marchandiſes; ſans quoi l'onſeroit toũjours menacé de quelque danger.
LE Gouverneur du Fort a de fort beaux jardins, au Nord-Eſt de la Col-line. Un peu au-delà, le Pays s'éléve en montagnes, couvertes de ronces&de buiſſons, par Pindolence des Négres, qui négligent de les cultiver(2)
LE voiſinage du Mont Danois eſt fort déſavantageux pour le Cap-Corſe,qui en eſt tellement commandé, qu'avec quelques piéces de gros canon ilſeroit aiſé de le(a) réduire en poudre. L Auteur a diſtingué pluſieurs fois,de Frédéricksbourg, les Anglois qui étoient à ſe promener fur Ia place-d'Ar-mes au Cap-Corſe. Cette fcheuſe dépendance leur faiſoit employer toutesſortes de moyens pour vivre en paix(b) avec les Danois,& leur a faittrouver enfin celui d'acheter un Fort, dont ils avoient têt ou tard quelquediſgrace à redouter. Frédéricksbourg leur fut livré en 1685 par Harris Euck,Directeur de la Compagnie Danoiſe. IIs lui ont donné le nom de Fort-Royal(c.).
QvoreQu' füt en ſi mauvais ordre, la Compagnie d'Angleterres'applauditbeaucoup d'en avoir acquis la poſſeſſion. Les Anglois, dit Boſman, ne van-tent pas moins leur Fort du Mont Danois, que les Hollandois celui de S. Ja-go prês de Mina; mais on n'en voit pas ſa raiſon, continue-t-il, car il amoins l'air d'un Fort que d'une maſure. Ses murs ont été réparés avec deTargile,& ſes édifices ne ſont couverts que de roſeaux, comme ceux desNégres. IIl eſt ſurprenant, dit-il encore, qu'ils laiſſent dans cet état unePlace ſi importante; car un ennemi, qui s'en rendroit le maitre, pourroitraſer le Cap-Corſe avec ſix piéces de canon. Cependant il m'a pas changé de
condition
ctoit encore entre les mains des Danois, quoique voyageant en 1724. il ne dùt pas ignorerqu'il avoit changé de nom& de Mattres de- faituante ans. Ond, qui a corr
Tes erreurs. Vol.
„( e précédent, oh Villaulst la même remarque.
le(b) Barbot, pag. 170.
doit juger que c'eſtPOriginal par ſes266.
Raiſöns quffirent acheter
bourg aux An-