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Tome cinquième.
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174
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TE D'On.Ifle à l'em-Rio Volt N

Erreur desCartes An-gloiſes& Hol-landoiſes.

Conſeil pourla Navigationde cette Mer.

Artiſice duGouverneurHollandois deMina.

174 VOYAGES AULONG DES COTES

Mer, Rio da Volta eſt d'une prodigieuſe largeur; mais qu'à l'Oueſt il eſtreſſerré par une longue Pointe de terre, qui ne iui laiſſe qu'un paſſage fortétroit. C'eſt apparemment cette diſpoſition de ſon embouchure qui donnetant de rapidité& de violence à ſa ſortie(n).

DES-MAXRcCHAIsS dit(°) qu'on diſtingue ſes eaux à deux lieuẽs en Mer;que Pembouchure eſt fort large, mais qu'elle eſt diviſée au milieu par une pe-tite Iſle fort eſcarpée de toutes parts, déſerte& couverte de bois; que cetteIſle eſt défendue par une Baſſe, ou un Banc de ſable, qui s'étend à deux lieuésdu rivage,& contre lequel la Mer bat avec beaucoup de violence du côtéde l'Eſt; que la Rivière de Volta vient de fort loin dans les Terres, ſans qu'onſgache la longueur de ſon cours ni les Pays qu'elle traverſe; que ſes inonda-tions cauſent beaucoup de ravage, comme on en peut juger par la quantitéd'arbres qu'elle entraine juſqu'à la Mer; enfin, qu'il eſt impoſſible alors d'yentrer ou de la traverſer, même dans les Canots, mais qu'elle eſt plus acceſ-ſible dans les tems de ſéchereſſe. La meilleure marque, pour découvrir dela Mer l'embouchure de la Volta, eſt un petit bois ſitué ſur ſa pointe Eſt;quoique, dans l'éloignement, toute la Cote n'offre que l'apparence d'unContinent.

TourEs les Cartes Hollandoiſes& Angloiſes repréſentent le rivage, auxenvirons de la Volta, ſur-tout quelques lieuës à l'Oueſt de ſon embouchure,comme bordé d'un Banc de fablée fort large& fort élevé. Sur ce témoigna-ge, la plüpart des Vaiſſeaux de 1'Europe qui font voile de Lay à Juida, pren-nent le large à dix ou douze lieués de la Côte. Mais ils abrégeroient leurNavigation s'ls étoient mieux informés; car il m'y a point d'autre écueilqu'un petit Banc, qui eſt préciſément à Eſt de Pembouchure de la Volta,&qui n'eſt pas marqué dans les mêmes Cartes. Ainſi toutes ſortes de Vaiſ-ſeaux peuvent faire voile, de Lay, au long des Côtes de Soko& de Vol-ta, ſans s'loigner de plus d'une lieué& demie du rivage. Il y a un autreBanc qui traverſe'embouchure,& qui, formant comme une Barre, rendPeau moins profonde,& contribue ſans doute, avec la violence du reflux&P'étroite diſpoſition du paſſage, à l'horrible gonflement qu'on a repréſenté.Verboutert, Gouverneur Hollandois de Mina, s'étant imaginé à l'arrivée deBarbot, qu'il venoit tenter de nouvelles Découvertes ſur cette Còte, lui con-ſeilla de ne pas entreprendre de pénétrer dans cette Riviere,& Iui en re-préſenta vivement les dangers, dans la ſaiſon même ouù Von étoit, c'eſt-à-dire, au mois d'Avril, qui paſſe pour la plus favorable. Mais dans le coursde la converſation, oubliant le deſſein qu' il avoit cu de l'effrayer, il ajoütaqu'il avoit pris'uſage d'envoyer, par intervalles, ſes Chaloupes dans la Ri-viére de Volta,& qu'elles en apportoient des étofes& quantité d' Eſclaves.Il continua de raconter à'Auteur que ces étofes venoient des Nubiens&des Abyffins, avec leſquels les Habitans de la Volta entretenoient un Com-merce fort libre, par le moyen de leur Riviére, qui vient de fort-loin auNord-Nord-Eſt. II lui montra méême quelques piéces de ces étofes, qui reſ-ſembloient aux bordures de nos tapiſferies à aiguille. Mais Barbot jugeaque ce Commerce n'étoit pas fort conſidérable, puiſque les Hollandois n'a-voient pas formé d'Stabliſſement ſur la Riviére. Les Portugais y touchent

quelquefois,

(a) Boſman, pag. 328(°) Des Marchais, Vol. II. pag. 2.