DE L ACOTE DP'OR.
Leurs autres
Ornomens.
larchands.
188 VvOYAGES AULONGDESCOTESA
LEs Négres, dit Boſman, ſe parent le cou, les bras,& les jambes de col-liers de verre, entremélés d'Or& de Conta Terra ou d'Aigris. Ils en ont unſi grand nombre autour du corps, que cette parure ſuffiroit pour couvrir leurnudité quand ils n'auroient aucune ſorte d'habit. Ils ne ſont jamais ſans cein-ture. Leurs coliers ou leurs chaines valent quelquefois plus de cent livresſterling. IIs prennent aufſi plaiſir à porter, aux bras, de grandes plaquesd' Yvoire, d'Or ou d'Argent. Leur bracelets ſe nomment manillas. Ils en ontſouvent trois ou quatre, à peude diſtance l'un au deſſus de l'autre.
[¶Tovs ces Ornemens ne conviennent qu'aux perſonnes riches ou diſtin-.sguées par le rang.] Lhabillement commun des hommes conſiſte en trois ouquatre aunes d'etofe, telle que du velours, du ſatin, de la perpétuelle„&& autres étofes ſemblables; c'eſt-là ce] qu'ils appellent Paen ou Pagne. IIs lepaſſent en forme d'écharpe autour du corps,& le bout leur tombe juſqu'au-milieu des jambes(t).
LEURS Marchands portent une piéce de taffetas, ou de damas des Indes,de deux ou trois aunes de long, roulée autour des reins,& laiſſent pendre,devant& derriére, les deux bouts preſqu'à terre. Quelquefois ils s'envelop-pent tout le corps d'une autre piéce de la même étofé; ou ils la paſſent ſeu-lement ſur leurs épaules comme(v.) une ſorte de mantille,& portent dansleurs mains deux ou trois zagayes.
Pêcheurs& ſCEuXx à qui on donne le nom de Manſeros, à- cauſe du rang diſtingué es
Artilans.
Nudité desUles.
Le gouùt dela parure leurvient des Eu-
I0Opeens.
qu'ils occupent, y ſont habillés pompeuſement; mais les Kabaschirs, ou Chefs,tels que ceux du Cap-Verd&. de la Côte de Quaqua, ne portent qu'une toilefine, autour de leurs reins, un bonnet de peau de Daim, ſur la tête, un bâ-ton à la main,& un collier de corail autour de leur col; de ſorte qu'on lesprendroit plütét pour des pauvres, que pour des gens riches.] G
LEs Pécheurs& les Artiſans, c'eſt-à-dire les gens du plus bas ordre, met-tent aufſi beaucoup de variété dans leur habillement; mais il ſe reſſent toũ-jours de leur pauvreté. Les uns portent une aune ou deux d'étofe groſſiere,de la fabrique du Pays, qui ne fait que leur couvrir les reins, en paſſantentre leurs cuiſſes pour ſée rejoindre d'un cêté& de l'autre à la ceinture. Leurtête eſt couverte d'un bonnet de peau, ou de quelque vieux chapeau qu'ilsachéètent des Matelots de l'⸗Europe,& qui ne laiſſe pas de leur être fort utilecontre les brülantes ardeurs du Soleil, ou contre la fraicheur exceſſive destems humides. Les jeunes-gens des deux ſéxes ont rarement le corps cou-vert(x) juſqu'à vâge de neuf ou dix ans. Des-Marchais dit qu'ils ſont nudsjuſqu'h douze ou quinze ans. Dans pluſieurs Cantons, les filles ne portentpas de Pagne juſqu'au tems de leur mariage. Celles que leur laideur ou d'au-tres raiſons empschent de trouver un Mari, ne ſont pas moins nues à trenteans qu'à quinze(y).
AvANT Parrivée des Portugais& des Hollandois, les femmes de Ia Cöted'Or mavoient aucune notion de parure& d'ornemens. Elles vivoient nuesjuſqu'à Tâge de maturité,& les hommes'étoient auſſi. Mais s'Etant apper-cues que cet état ne plaiſoit point aux Européens, elles prirent par degrés le
gouüd
(t) Boſman, pag, 119.& Barbot, pag. 237 237-& 239..(* Artus, pag. 18.& Villault, pag. 144.(2) Des Marchais, Vol. I. pag. 290.r.) Boſman, pag, 120.& Barbot, pag.
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