0COIDENTALES pr vAFRIQUE, Lrw. IX. Cnar. VII. r9.r
dre de loin. Villault dit qu'elles n'ont pas d'autre diſtinction dans leurs ha. NEokrsbits,& qu’elles ſont regues volontiers dans toutes ſortes de lieux; mais que„DE LàAtout l'Univers n'a pas de créatures plus avides& plus intéreſſées(m). Corzg p'On.
Qvoraur les femmes de la Cête d'Or ſoient paſſionnées pour la parure, elles L'œconomieménagent beaucoup leurs habits,& ne ſe ſervent des meilleurs ou des plus necompafneriches, que dans les occaſions extraordinaires Le goũt naturel qu'elles ont ed.e de lapour Iœconomie ne leur permet pas non plus d'acheter rien d'inutile ou d'un Perute.ufage paſſager. Elles choifiſſent toũjours les meilleures étofes& les plus du-rables(n).
Tous les Négres des mêmes Pays, hommes& femmes, ſont d'une pro- Propretspreté admirable, dans leur perſonne comme dans leurs habits. IIs ſe lavent commune 2pluſieurs fois le jour. Dans les lieux commodes pour le bain, leur premier tous les Ne·ſoin eſt de ſe baigner en ſortant du lit. C'eſt cette raiſon, qui leur fait choiſir gres.ordinairement le voiſinage de la Mer, ou le bord des rivieres, pour l'éta-bliſſement de leurs maiſons& de leurs Villages. Leurs enfans ne ſont pas plaü-tôt nés(0) qu'ils courent à l'eau comme autant de petits Canards. IIs appren-nent à nàger dès l'enfance& deviennent(p) ainſi d'excellens Plongeurs. Ar-tus dit qu'ils ſentent continuellement l'huile de Palmier, dont ils ne manquentpas de ſe frotter tous les jours;& que s'ils ſe lavent ſi ſouvent, c'eſt pour ſedélivrer de la vermine, à laquelle ils ſont fort ſujets(q).
Oxv trouve ſur la Cote d'Or, comme dans les autres parties de la Guinée, Race de Mu-une ſorte d'hommes qui s'appellent Mulàtres; race qui vient du Commerce laätres.des Européens avec les femmes du Pays. Cette eſpêce bätarde forme un tasde brigands, qui n'ont aucune notion de fidélité& d'honneur, ni pour lesNégres, ni même entr'eux. Ils prennent le nom de Chrétiens, quoiqu'ilsſoient les plus grands Idolatres de la Cte. La plapart de leurs femmes ſerventpubliquement aux plaiſirs des Européens,& ſe livrent ſecrétement aux Né-gres. En un mot cette race eſt compoſée de tout ce qu'il y a de mauvais dansles Européens& dans les Négres. Elle en eſt comme le cloaque. Les hommesſont fort laids;&(r) les femmes encore plus, ſur-tout lorſqu'elles avancenten gge.
B⸗ LEs Nlgres ont donné aux Mulatres le nom de Tapoyers,[ſans qu'aucun Ils ſe nom-Voyageur nous apprenne ce qu'il ſignifie dans leur langue.] Le teint des Mulà- rvakagr,tres eſt jaune& bazané, auffi différent de la couleur des Négres que de celle Poy'ers.des Blancs. A meſure qu'ils vieilliſſent, leur corps ſe couvre de taches blanches,brunes,& jaunes, qui leur donnent quelque reſſemblance avec les Léo-pards, r. ils ne ſont pas d'ailleurs fort différens par la férocité de leurnaturel(&).
L.La plüpart des hommes ſont engagés au ſervice des Hollandois,& bpor. Leur habinement.
tent habit de cette Nation. Mais les femmes ont une manière de ſe vétirqui leur eſt propre. Les plus diſtinguées ont de fort belles chemiſes,& met-ftent, par-deſſis, un caſaquin de ſoie, ou de coton, ſans manches, Lqui
leur(m) Artus, pag. 20.& Villault, pag. 151.(2) Aitus, pag. 17.„(u) Viüllault, pag. 146.& Des- Marchals,(r) Smith, pag. 213. mais il a copié Boſ-ol. I. pag, 290. man.„(°) Angl. Leur Enfans ne ſcavent pas pluͤ-(F) Barbot, page 251. II a copié aufftöt marcher. Bofman.(b) Des-Marchais, ibid. pag 55) Des-Marchais, ihid. pag, 282.& 295.