OCCIDENTAELES pE rAFRIQUE, Lw. IX. CHar. VII. 199
garde. Mais elles en uſent ſi bien, qu'elles achétent(t) rarement plus que Nsearsla proviſion du jour,& qu elles ne font jamais de dépenſes inutiles. Le Pär. d. E 2*tage des hommes eſt le ſoin des affaires extérleüres, telles que la Péche, le 012 4⁴˙ 0.Commerce, la fabrique du vin de Palmier, fuivant Ia proféeſſion qu'ils éxer-cent. IIs remettent leur profit entre les mains de leurs femmes, qui le ména-gent avec(o) beaucoup d'œconomie. Artus leur donne la qualité d'excellen-tes ménagèéres;& quoiqu'elles manquent de toutes les commodités qui ſontordinaires en Europé, il prétend qu'elles n'entendent pas mal la cuiſine. II
s'en trouve quelques-unes qui ayant ſervi dans les Comptoirs Européens, yFont appris nos uſages& nos ſauces;[&& Pardeur des autres eſt extrême à
s'inſtruire par leurs legons.] La plüpart ſortent rarement de leurs maiſons,&
s'occupent de Peducation de leurs filles, pour les rendre capables de condui-
re, à leur tour un ménage().
LE premier de leurs traVvaux domeſtiques eſt de faire le pain, ou ce qui Manieretient lieu qe pain dans leur Nation. Des ſe ſoir du jour précédent, elles pré- dont elles fon:parent la qHahtité de grain qui eſt néceſſaire le lendemain pour la famil- edann⸗ 8„ an.)
Xele. Ce ſont les Eſclaves qui l'apportent des magazins,[ qui ſont ordi- Pefes.nairement hors du Village; il y a cependant quelques particuliers qui tien-nent leurs proviſions dans leur Maiſön.] A la pointe du jour, les femmescommencent à le broyer dans un tronc d'arbre, creufé en forme de mortier,ou dans des pierres creuſes, avec ùn pilon de bois. Enſunite elles le van-nent;& pour achever de le réduire en poudre, elles'écraſent fur unepierre plate, comme les peintres font leurs couleurs. Enfin, elles le mêelentavec de la fleur de millet, pour en compoſer une pâte, qu'elles diviſent enpetités parties rondes, de la groſſeur du poing& qu'elles font bouillir en
pleine eau dans de grands pots de terre.71
CETTE pate ou cette eſpéce de pain eſt d'un goòũt ſupportable, mais ex-trémement peſante ſur leſtomac. Elle eſt beaucoup meilleure“, lorfqu'onprend la peine de la faire cuire ſur des pierres chaudes. Celle de Mina paſſe
pour la plus légère de toute la Cêôte.é On fait auſſi de cette pàte une ſorte. Gteau,nommé Quan-quais.
de biſcuit, qui ſe conſerve l'eſpace de trois ou quatre mois,& qui ſert deroviſion aux grands Canots qu'om employe pour le Commerce d'Angola. OnEn fait encore une eſpéce de gàreau, nomms Quamqtais ou Kanti,(y) quiſe vend dans les Marchés& dont le godt eſt aſſe? agtEable.Quotovrz la. préparation du grain& la maniere même de faire le painſoient fort pénibles, les femmes s'éxercent joieuſement à ce travail,& laPlâpart chargees de leurs enfans, qu'elles portent fur le dos(z.)).
(⁸) Arths„pag. 22.& Barbot, pag. 254.(*) Artus ecrit Kanghes.6*) Vülault, pag. 165.& ſuiv.(2) Artus, pag. 22. Villault, pag. 166.(&) Antus, pag, 20.& 23.& Barbot, pag. 256.