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Tome cinquième.
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NEcREDE L ACoTrEz D'OR.

Eiançaill

08α28

Facilité desmariages.

A quoi ſeborne la dé-penſe.

Parure dela Mariée.

. 2.

200 VOYAGES AULONG DES COÖOTES

g. III.

Mariages& Education des Nagres.

ES uſages& les formalités qui s'obſervent aux mariages de la Côte d'Oront quelques circonſtances différentes dans les divers Cantons, quoiqu’ile

ſoient au fond les mêmes. 6LEs Fiangailles ſe font avec peu de cérémonie. Un pére, qui voit ſonfils en état de pourvoir à ſa ſubſiſtance, ne tarde gueres à lui chercher unefemme, lorſque le jeune homme n'a pas déja pris ce ſoin lui-même. Lesparties ſe conviennent-elles? Le père s'adreſſe aux parens de la fille,& ré-gle avec eux le prix qu'ils en veulent tirer. On appelle un Prêtre des Fé-tiches, pour recevoir le ſerment des jeunes époux. La fille promet d aimerſon mari& de lui être fidelle. Le jeune-homme promet d'aimer ſa femme(a), ſans toucher à Farticle de la fidélite. Aprés cette cérémonie, les pa-rens, de part& d'autre, ſe font des préſens mutuels. Iis(5) paſſent lejour à ſe réjouir. Dées la nuit ſuivante, le mari ouvre à ſa femme l'entréede ſa maiſon(c)& le mariage eſt conſommé. Artus dit que le jeune-hom-me ne regçoit aucune proviſion de ſon pêre,& qu'il n'a, pour commencerſon établiffement, que ce qu'il a déja pi gagner par ſa propre induſtrie; maisque les parens de ſi femme donnent à leur fille, en forme de dot, une ſom-me d'Or, qui mome à quatorze Florins. Si la famille eſt riche, elle y ajoũ-te une demi-once d'Or, pour acheter le vin de Palmier qui ſert à la fête.Cet uſage, ajoũte Artus, eſt ſi généralement établi, que les filles memesdes Rois ne font pis mieux partagées; excepté néanmoins qu'on leur donne

un Eſclave ou deug pour les ſervir(4). 1BosMàAX obſerve que les frais du mariage conſiſtent dans un peu d'Or, duvin de Palmier, de Peau-de-vie, un mouton pour les parens,& des habitsneufs pour la femne. Le mari tient un compte éxact de ce qu'il a dépenſépour elle& pour ſes amis, parce que dans ſa ſuppoſition qu'elle vienne àle quitter, il eſt en droit de ſe faire() reſtituer tout ce qu'’il a donnẽé.Mais ſi c'eſt lui cui la congédie, il ne peut rien éxiger d'elle ni de ſes pa-rens, à moins qu' ne puiſſe juſtifier ſon divorce(†) par de bonnes raiſons.Suivant le même Auteur, les réjouiſſfances de la nôce ſont médiocres; maisla Mariée apporte beaucoup de recherches à fa parure,& ſe préſente char-gée de bijoux dOr, ſoit qu' elle les tienne de ſon mari, ou qu'elle les emprun-te, comme il arrive fort ſouvent; car, pour toute fortüne, elle n'apporteguéres que ſa perſonne. Elle eſt conduite à la maiſon de ſfon mari par quel-ques

(a) Villault, qui fut témoin d'un de ces-mariages à Frédéricksbourg, fait le méme

gclt.

qu'à une once dOr pour toute la famille, àdeux habits neufs pour la marice, un mouton& un chevreau gras, avec de l'eau-de-vie&

1I

(b) Artus confirme la même choſe.(c) Villault, pag. 142. Boſman, pag. 197.& Des Marchais, Vol. I. pag. 286.

(2) Artus, pag. I1.(e) Smith dit(pſes entre les Négres

que ces dépen-mun, ne montent

I 45.)Coml.

ag. 5du cor

du vin de Palmier pour la fête.

(f) Atkins dit(pag. 88.) que le mari em-plole quatre onces dOr entre les parens, qu'ilengage par-là à lui ſervir de témoins en casd'adultère.